Dyspareunie : on explique les douleurs lors des rapports sexuels
Par Marie Comacle
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Vous avez mal lors de vos rapports sexuels, et cette douleur vous pourrit vos après-midi (ou vos soirées) ? Bienvenue au club de la dyspareunie. Rassurez-vous, vous n'êtes pas seule : environ 7,5% des femmes sexuellement actives vivent avec ces douleurs récurrentes (étude Painful sex (dyspareunia) in women: prevalence and associated factors in a British population probability survey). Et contrairement à ce qu'on vous dit parfois, ce n'est pas "normal" et ce n'est certainement pas dans votre tête.
Chez Puissante, on croit fermement que votre sexualité devrait être un moment de plaisir et non pas une épreuve douloureuse. C'est pourquoi on a décidé d'aborder ce sujet encore trop souvent passé sous silence. Parce que oui, vous méritez de reprendre le pouvoir sur votre plaisir et d'avoir une intimité épanouie.
On vous explique tout sur la dyspareunie : c'est quoi, d'où ça vient, comment en parler sans culpabilité, et surtout, comment s'en débarrasser pour de bon.
C'est quoi la dyspareunie ?
Une définition de la dyspareunie
La dyspareunie (ou “douleur génitopélvienne” ou encore “trouble de la pénétration) est tout simplement une douleur ressentie juste avant, pendant, ou après les rapports sexuels, au niveau de la région génitale. Elle peut se manifester au moment de la pénétration, ou surgir plus tard dans le rapport. Bref, elle se pointe quand elle a envie, ce qui rend la chose d'autant plus frustrante.
Ce qui rend la dyspareunie un peu compliquée à gérer, c'est qu'elle n'a rien à voir avec un manque de désir, de mouillage ou d'amour pour votre partenaire. Ce n'est pas « psychologique » au sens où vous auriez un problème émotionnel majeur. La dyspareunie, c'est physique, physiologique, et ça mérite d'être prise au sérieux.
Quels sont les symptômes de la dyspareunie ?
Les symptômes peuvent varier d'une femme à l'autre, mais voilà ce que vous pourriez ressentir :
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une douleur aiguë à l'entrée du vagin quand la pénétration commence (dyspareunie superficielle),
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une douleur plus profonde au niveau du bas-ventre ou du col de l'utérus, surtout dans certaines positions (dyspareunie profonde),
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une sensation de brûlure désagréable,
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des élancements après le rapport, qui peuvent durer quelques heures.
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des crampes au niveau du plancher pelvien.
Et ce qui complique les choses, c'est que ces douleurs peuvent déclencher une peur anticipatoire. Plus vous craignez la douleur, plus vos muscles se contractent involontairement, ce qui rend la pénétration encore plus difficile. C'est un cercle vicieux, et clairement pas celui qu'on veut dans sa vie sexuelle.
L'impact psychologique est aussi vrai que l'impact physique : baisse de la libido, anxiété avant les rapports, sentiment d'inadéquation, voire tension dans le couple. Bref, ça pèse lourd.
Les causes de dyspareunie
La dyspareunie, c'est un peu comme une grippe : les symptômes sont clairs, mais les origines peuvent être multiples. Voici les principales coupables.
Sécheresse vaginale : la cause numéro un
Honnêtement, la sécheresse vaginale est souvent la raison principale. Et elle peut avoir mille et une origines : la ménopause bien sûr (où les taux d'œstrogènes chutent drastiquement), mais aussi l'allaitement, l'utilisation de certaines contraceptions, le stress, ou même un manque d'excitation.
La bonne nouvelle ? C'est l'une des causes les plus simples à traiter.
Infections et inflammations
Les infections vaginales (mycoses, bactéries), les infections urinaires ou même une inflammation du col de l'utérus peuvent créer une sensibilité importante. Chaque frottement devient alors un supplice.
Endométriose et troubles gynécologiques
L'endométriose est une cause fréquente de dyspareunie profonde. Les lésions d'endométriose peuvent se loger près du vagin ou du rectum, et le contact lors de la pénétration déclenche une douleur intense. Les fibromes utérins, les kystes ovariens ou une maladie inflammatoire pelvienne peuvent aussi être responsables.
Troubles du plancher pelvien
Votre périnée (aussi appelé plancher pelvien) peut être trop tendu, voire contracté involontairement. Ce phénomène, aussi connu sous le nom de "vaginisme", s'appelle maintenant syndrome du muscle releveur de l'anus. Vos muscles sont comme des petits soldats hyper vigilants : dès qu'une pénétration s'annonce, ils se contractent pour "protéger" l'entrée. Un excellent réflexe de survie, mais mauvais pour votre vie sexuelle.
Cicatrices post-accouchement ou post-opératoires
Les déchirures périnéales, les points de suture, ou une épisiotomie mal cicatrisée peuvent laisser des traces. Littéralement.
Troubles psychologiques et relationnels
Oui, le stress, l'anxiété, les traumatismes sexuels antérieurs ou même une mauvaise communication dans le couple peuvent se transformer en douleur physique. Notre corps est incroyablement connecté à notre mental.
Troubles dermatologiques
Le lichen scléreux ou d'autres affections cutanées vulvaires peuvent rendre la région hypersensible.
Dyspareunie : comment en parler à son partenaire ?
Voilà l'une des conversations les plus difficiles mais aussi les plus essentielles. Parce qu'une douleur cachée, c'est une douleur qui s'aggrave.
D'abord, rappelez-le à votre partenaire : ce n'est pas personnel. Ce n'est pas qu'il ou elle vous déplaît, ce n'est pas que vous n'êtes pas attirée. C'est physique, physiologique, médicalisable.
Choisissez un moment calme, en dehors de la chambre à coucher. Le canapé avant le dîner, par exemple. Soyez honnête sur ce que vous ressentez, sur l'impact que cela a sur votre confiance et votre intimité. Le silence est votre ennemi ici.
En même temps, exprimez vos envies : quelles positions sont tolérables ? Qu'aimeriez-vous explorer ensemble ? Y a-t-il des formes de caresses ou de préliminaires qui vous font du bien ? Transformez cette conversation en opportunité pour redécouvrir votre corps ensemble.
Et si la communication est compliquée ou si les tensions sont trop grandes, ne sous-estimez pas le rôle d'un.e sexologue. C'est littéralement son job de vous aider à naviguer ces eaux troubles.
Comment prendre en charge la dyspareunie
Existe-t-il des traitements contre la dyspareunie ?
Absolument. Et les options sont plus variées que vous ne le pensez.
Traitements médicaux :
Si c'est une sécheresse vaginale, les œstrogènes topiques (crème, ovules) sont souvent très efficaces, surtout après la ménopause. Pour les infections, un traitement adapté (antifongique, antibiotique) règle généralement le problème en quelques semaines.
Si c'est votre périnée qui joue les trouble-fêtes, la rééducation périnéale avec un kinésithérapeute peut faire des miracles. Des exercices simples, un biofeedback, et progressivement, vos muscles apprennent à se détendre au lieu de se contracter.
Vous pouvez même rééduquer votre périnée à la maison grâce aux boules de Kegel ! Optez pour un pack avec des boules plus ou moins larges qui s’adaptent à votre progression et à votre rythme.
Pour la douleur neuropathique (quand le système nerveux est "sensibilisé"), des médicaments comme la gabapentine ou la prégabaline peuvent aider.
Traitements naturels :
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la relaxation progressive du périnée (apprendre à vraiment relâcher ces muscles),
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le yoga ou des exercices de respiration abdominale,
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les massages périnéaux avec des huiles naturelles,
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une meilleure hygiène vulvaire (savon doux, coton, éviter les douches vaginales).
Dyspareunie : les professionnels à consulter
Si vous souffrez de dyspareunie, une prise en charge pluridisciplinaire est indispensable. La dyspareunie, c'est rarement une cause unique avec une solution miracle :
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votre médecin généraliste ou gynécologue pour le diagnostic initial,
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un.e kinésithérapeute spécialisé en périnée pour la rééducation,
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un.e sexologue pour les aspects psychologiques et relationnels,
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un.e ostéopathe si vous souffrez aussi de tensions musculaires ailleurs.
Faire l'amour avec une dyspareunie : nos conseils
Essayer le sexe sans pénétration
Et si on repensait complètement votre définition de la sexualité ? Le sexe ne se limite pas à la pénétration. Les caresses, les baisers, la stimulation du clitoris, les massages sensuels... tout ça, c'est du sexe. Et c'est souvent bien plus agréable.
Utilisez cette période pour explorer votre corps avec une curiosité nouvelle. Qu'est-ce qui vous fait vraiment du bien ? Découvrez vos zones érogènes. Et pendant ce temps, vous travaillez progressivement à réduire votre peur de la pénétration. C'est un win-win.
Le lubrifiant devient votre allié
Un bon lubrifiant à base d'eau est absolument non-négociable quand on souffre de dyspareunie. Plus que ça, c'est votre secret weapon. Cela réduit les frottements douloureux, améliore les sensations (pour vous ET votre partenaire), et crée un environnement beaucoup plus confortable.
Choisissez un lubrifiant sans parfum et adapté à votre sensibilité. Laissez-vous le temps de bien vous lubrifier avant tout rapport. Et n'hésitez pas à en rajouter en cours de route.
Mini Coco : l'allié discret de votre plaisir
Si la pénétration est trop difficile pour le moment, ou si vous souhaitez redécouvrir votre sexualité à votre rythme, le Mini Coco est fait pour vous. Petit, discret, adapté à l'auto-exploration du clitoris par stimulation à air pulsé. Il vous permet d'explorer votre plaisir sans pression ni douleur.
Vous pouvez aussi l'utiliser progressivement pour une désensibilisation douce : utiliser un vibromasseur de petite taille pour vous habituer progressivement aux sensations de pénétration, à votre rythme, sans l'urgence d'un rapport avec partenaire.
“Je parle très souvent des produits Puissante à mes patientes, je le mets même sur l’ordonnance. Ce n’est pas grand chose, mais c’est suffisant pour qu’elles se sentent autorisées à prendre du plaisir.” Marine C.G, Médecin généraliste
La dyspareunie, ce n'est pas une fatalité, et ce n'est certainement pas un diagnostic à porter seule.
Parlez à un professionnel, explorez doucement, ayez de la patience avec vous-même. Et surtout, ne renoncez pas. Vous êtes plus puissante que cette douleur.
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