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Tout savoir sur le vaginisme : causes, symptômes, traitements

Par Marie Comacle

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Tout savoir sur le vaginisme : causes, symptômes, traitements - Puissante Image

Vous nous connaissez, on adore casser les tabous autour de la sexualité féminine. Aujourd'hui, on s'attaque à un sujet encore trop peu discuté : le vaginisme.

Si vous en avez entendu parler ou si vous pensez en souffrir, sachez d'abord une chose : vous n'êtes pas seule. Le vaginisme touche plus de femmes qu'on ne le croit, et surtout, c'est un trouble qui se soigne vraiment bien quand on met les bons outils en place.

Entre la peur, la honte et les idées reçues, le vaginisme reste encore très tabou. Pourtant, en comprendre les mécanismes, c'est déjà faire un grand pas vers la guérison. Alors, enfilez votre courage et embarquez avec nous dans ce voyage vers une sexualité plus épanouie.

C'est quoi exactement le vaginisme

Une définition du vaginisme

Le vaginisme, c'est un trouble psycho-physiologique qui se traduit par des contractions involontaires des muscles du périnée (ce groupe de muscles qui soutient votre vagin, votre utérus et votre rectum) au moment d'une tentative de pénétration.

Selon l'OMS, le vaginisme se caractérise par une « contraction involontaire, répétée, persistante, des muscles périnéaux qui entourent le tiers externe du vagin en cas de tentative de pénétration par le pénis, doigt, tampon ou spéculum. » [1]

En clair, votre corps se « ferme » automatiquement, sans que vous n’ayez vraiment de contrôle. C'est un peu comme un réflexe de protection, sauf que vous n'avez pas demandé à ce que ce réflexe se déclenche. Ce n'est pas volontaire, ce n'est pas une question de volonté ou de « laisser-passer », c'est un mécanisme inconscient que votre corps a mis en place, généralement pour se protéger de quelque chose.

Vous vous demandez si vous en souffrez ? Voilà ce qu'il faut retenir : si la seule idée de pénétration vous angoisse, si vous ressentez une tension au moment de l'acte (ou même avant), si la pénétration est impossible ou extrêmement douloureuse, il se peut que vous ayez affaire au vaginisme.

Quels sont les symptômes du vaginisme ?

Le symptôme principal du vaginisme ? L'impossibilité (totale ou partielle) d'insérer quoi que ce soit dans votre vagin, que ce soit un doigt, un tampon, un spéculum ou un pénis. Et ce, malgré la volonté de le faire.

Au-delà de cette impossibilité mécanique, vous pouvez ressentir :

  • une sensation de « blocage » ou de brûlure à l'entrée du vagin, comme s'il y avait une barrière invisible,

  • une tension extrême de tout le corps : jambes qui se crispent, muscles tendus, voire tremblements, 

  • une anxiété anticipée avant tout rapport ou examen gynéco, avec des pensées catastrophistes,

  • une crainte intense à l'idée de devoir vous déshabiller ou vous allonger sur une table d'examen,

  • un évitement progressif des situations intimes ou médicales, par peur de vivre à nouveau cette expérience.

Au niveau psychologique, les répercussions peuvent être importantes : perte d'estime de soi, culpabilité vis-à-vis de votre partenaire, peur de perdre votre couple, sentiment d'échec personnel. Et ça, c'est lourd à porter.

Comment est diagnostiqué le vaginisme ?

Le diagnostic du vaginisme, c'est avant tout une histoire de conversation et d'écoute avec un.e professionnel.le de santé.

Un.e gynécologue, un.e sage-femme ou un.e sexologue va d'abord vous poser des questions : quand a commencé le trouble, comment il se manifeste, quel est votre contexte personnel, etc. Ensuite, un examen gynécologique peut être réalisé pour écarter toute cause physique (infection, malformation, hymen non élastique).

Parfois, cet examen est compliqué à faire, voire impossible, parce que le vaginisme est justement là ! Et c'est normal. Un bon professionnel de santé comprendra vos limites et avancera pas à pas.

Il faut aussi différencier le vaginisme de la dyspareunie (douleurs durant la pénétration qui peuvent avoir d'autres causes : sécheresse, endométriose, infections...). C'est pour ça que l'examen gynéco est important, même s'il est parfois compliqué.

Quelles peuvent être les causes du vaginisme ?

Les origines psychologiques : la majorité des cas

La bonne nouvelle, c'est que dans la plupart des cas, les causes du vaginisme sont psychologiques. Ce qui veut dire qu'elles ne sont PAS dues à un problème physique de votre vagin (vous n'avez pas un « vagin trop étroit », contrairement à ce qu'on vous a peut-être raconté). 

Parmi les causes psychologiques les plus fréquentes, on retrouve :

  • Une éducation sexuelle stricte ou culpabilisante : si on vous a appris que la sexualité était sale, honteuse ou réservée au mariage, votre corps peut avoir gardé cette peur en mémoire

  • Des traumatismes ou abus sexuels : un viol, une agression, du harcèlement, des attouchements non consentis... Votre corps a appris à vous protéger en se contractant

  • Une peur irrationnelle de la pénétration : peur que ce soit douloureux, peur de tomber enceinte, peur de ne pas « faire ça bien », peur du jugement de votre partenaire

  • Un manque de connaissance de son corps : si vous ne connaissez pas votre anatomie, les tabous et mythes prennent de la place

  • Un stress intense ou une anxiété chronique : quand votre système nerveux est en alerte constant, il a du mal à se détendre, y compris sexuellement

  • Une relation difficile avec votre partenaire : manque de confiance, peur du jugement, absence de communication

  • Des idées reçues tenaces : « ça va faire mal », « ça va déchirer quelque chose », « mon vagin est anormal »…

Les origines physiques (plus rares)

Dans certains cas, il existe une composante physique qui peut contribuer au vaginisme :

  • Une infection vaginale chronique : mycoses à répétition, herpès génital, vaginose.

  • Une sécheresse vaginale : particulièrement en période de ménopause ou en post-partum.

  • Un hymen peu élastique (très rare, et surtout pas une raison de faire une opération chirurgicale).

  • Une atrophie vaginale : la muqueuse du vagin devient moins élastique et peut faire mal.

  • Des douleurs antérieures : si vous avez eu une dyspareunie, votre corps peut avoir « appris » à craindre la pénétration.

L'important à retenir : même quand il y a une cause physique, le vaginisme a TOUJOURS une composante psychologique. Votre peur, votre anxiété et vos antécédents jouent un rôle crucial. C'est pour ça qu'une prise en charge globale (médico-psychologique) est indispensable.

Comment se passe la prise en charge du vaginisme ?

Existe-t-il des traitements pour le vaginisme ?

Bonne nouvelle : oui, le vaginisme se soigne vraiment bien. Dans la majorité des cas, une combinaison de traitements permet de surmonter ce trouble. Voilà les principales approches :

1. La psychothérapie et la sexothérapie

C'est souvent le cœur du traitement. Un psychologue ou un sexologue vous aide à identifier les origines de votre peur (peur de la douleur, traumatismes, croyances limitantes) et à les déconstruire. Souvent, une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) fonctionne très bien car elle cible directement vos pensées et vos comportements.

2. La rééducation périnéale 

Avec une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé, vous apprendrez à conscientiser votre périnée et surtout, à le détendre. C'est contre-intuitif, mais il faut littéralement réapprendre à relâcher ces muscles. Des exercices spécifiques et progressifs (un peu comme des exercices de Kegel inversés) aident votre corps à faire la différence entre « contraction » et « relâchement ».

3. Les boules de Kegel

C'est un outil progressif vraiment utile. Vous commencez par des boules de Kegel de très petite taille, puis vous augmentez progressivement. Pas de forçage, pas de douleur : juste vous réhabituer lentement à la notion de pénétration, à votre rythme.

4. Les relaxations et techniques de respiration 

La sophrologie, la méditation, l'hypnose thérapeutique... Tout ce qui calme votre système nerveux sympathique (responsable du stress) et active votre système parasympathique (responsable de la détente) peut vous aider.

5. Les lubrifiants adaptés 

On en parlera plus loin, mais un bon lubrifiant à base d'eau facilite vraiment les choses et rassure votre corps.

Quels professionnels de santé consulter ?

Vous ne devez pas rester seule face au vaginisme. Voilà les professionnels vers lesquels vous tourner :

  1. Un.e gynécologue ou un.e sage-femme : pour poser le diagnostic, écarter une cause physique et vous orienter vers d'autres spécialistes.

  2. Un.e psychologue ou un. sexologue : c'est vraiment important. Ces professionnels comprennent la dimension psycho-sexuelle de votre trouble et peuvent vous aider à débloquer vos peurs.

  3. Un.e kinésithérapeute spécialisé.e en rééducation périnéale : pour travailler votre périnée dans un cadre sécurisé et progressif.

  4. Votre partenaire (si vous en avez un.e) : ce travail doit aussi se faire à deux. Une relation basée sur la communication et le non-jugement est essentielle.

Le plaisir féminin c’est quelque chose qui s’accompagne, qui se comprend, qui s’apprend.” Marine C.G, médecin généraliste

Vaginisme : comment faire l'amour ?

Comment parler de vaginisme avec votre partenaire ?

C'est LA conversation redoutée. Vous avez peur de le/la blesser, de perdre votre relation, d'être jugée... Et du coup, vous vous taisez.

Mais le silence, c'est encore pire. Votre partenaire peut penser qu'il/elle ne vous attire pas, qu'il/elle ne fait pas bien, voire que vous ne l'aimez pas. Et vous, vous souffrez en silence. C'est un gâchis.

Voilà comment aborder la conversation :

  • Choisissez un moment calme, neutre, pas juste avant ou après un rapport sexuel.

  • Soyez claire et bienveillante : « Je souffre de vaginisme. Ce n'est pas toi, ce n'est pas une question d'amour ou d'attraction. Mon corps a appris à se protéger et je dois réapprendre à le laisser détendre ».

  • Rassurez votre partenaire : expliquez que c'est involontaire, que ce n'est pas de sa faute, et que vous travaillez dessus.

  • Proposez des solutions ensemble : « On peut explorer une sexualité sans pénétration pendant un temps », « On peut utiliser des dilatateurs », « Je vais consulter un sexologue ».

  • Mettez en place des limites et des safewords : si un moment devient trop inconfortable, vous devez pouvoir dire « stop » sans explication.

L'important : votre partenaire ne peut vous aider que s'il/elle comprend. Alors parlez. C'est peut-être la conversation la plus importante de votre relation.

Découvrez votre corps et revenez à l'essentiel : la Karezza et le Slow Sex

Pendant que vous travaillez votre vaginisme, vous ne devez PAS renoncer à votre sexualité. Mais peut-être faut-il la repenser.

  • La Karezza est une excellente approche. Originaire du tantrisme, elle consiste à explorer une sexualité sans objectif d'orgasme, centrée sur l'intimité et la connexion. Pas de pénétration, pas de performance : juste du contact lent, des caresses, de la tendresse, de la respiration synchronisée avec votre partenaire. L'objectif ? Créer une vraie communion, non pas une escalade vers l'orgasme.

  • Le Slow Sex va dans la même direction. C'est une sexualité délibérément ralentie, consciente, où vous prenez le temps de sentir chaque sensation. Pas de pénétration obligatoire, pas de performance : juste du plaisir simple et partagé. Vous explorez votre clitoris, votre partenaire apprend à vous toucher sans jugement, vous vous redécouvrez ensemble.

Ces deux approches sont parfaites pour quelqu'un qui souffre de vaginisme car elles :

  • enlèvent la pression de la pénétration,

  • vous permettent de redécouvrir votre sexualité sans peur,

  • créent une véritable intimité avec votre partenaire,

  • vous aident à réapprendre que le sexe, ce n'est pas une course.

Sexualité et vaginisme : nos meilleurs outils

Pendant votre parcours vers la guérison, quelques outils peuvent vraiment vous faciliter les choses :

1. Lubrifiant à base d'eau 

Un bon lubrifiant intime à base d’eau, c'est un allié de taille. Non seulement il réduit les frictions (qui peuvent être douloureuses), mais surtout, il rassure votre corps. Moins de douleur = moins d'anxiété = moins de contraction musculaire. C'est un cercle vertueux. Recherchez des lubrifiants doux, sans paraben, adaptés aux peaux sensibles.

2. Baume intime apaisant après rapports 

Après chaque tentative de pénétration (réussie ou pas), appliquez un baume apaisant sur votre vulve. C'est un geste de self-care qui dit à votre corps : « Je prends soin de toi, tu es en sécurité ». Cela aide aussi à réduire l'inflammation et les irritations liées aux dilatateurs ou aux tentatives.

3. Mini Coco (stimulation clitoridienne par air pulsé) 

Le clitoris, c'est votre meilleur ami. Il ne demande pas de pénétration pour fonctionner. Un stimulateur clitoridien par air pulsé, comme le Mini Coco, vous permet de prendre du plaisir sans aucune pression. 

Je peux être amenée à “prescrire” Coco ou Mini Coco à des femmes qui ont besoin de renouer avec leur corps et leur sensualité parce que c’est un produit que j’ai essayé et qui fonctionne sur moi. C’est un vrai allié pour mon quotidien de femme.” Marine C.G, Médecin généraliste

C'est discret, c'est puissant, et c'est une excellente manière de redécouvrir votre plaisir pendant que vous travaillez votre vaginisme.

Le message qu'on veut vraiment passer : le vaginisme n'est PAS une sentence. Vous n'êtes pas « cassée ». Votre corps a juste appris à vous protéger un peu trop bien. Avec du temps, de la patience, de la bienveillance envers vous-même et les bons outils, vous pouvez redevenir maître de votre sexualité.

Vous méritez une vie intime épanouie. Vous méritez de prendre du plaisir sans culpabilité ni douleur. Alors, parlez-en, consultez, bougez. Et surtout, soyez patiente envers vous-même. La guérison, c'est un voyage.

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Marie Comacle

Bien-être

Marie Comacle est la fondatrice de Puissante. Ingénieure de formation, elle allie exigence scientifique et mission éducative pour faire de Puissante une référence moderne et engagée.

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