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Ménopause et dépression : comment vous préserver ?

By Coline Levin

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Ménopause et dépression : comment vous préserver ? - Puissante Image

La ménopause est bien connue pour ses symptômes ultra déstabilisants, voire carrément handicapants. Si on parle souvent des bouffées de chaleur (et à juste titre), elles ne sont pas les seules manifestations de cette transition hormonale. 

Chez Puissante, on pense qu’une femme renseignée est davantage capable de prendre de bonnes décisions pour sa santé. C’est vraiment ça, le self-care

C’est en suivant cette conviction que nous avons décidé d'approfondir des sujets clés : la connaissance anatomique, les maladies gynécologiques, la santé mentale, et bien sûr, la ménopause

Aujourd’hui, on se focus sur les conséquences psychologiques de la ménopause, et notamment sur votre vulnérabilité face à la dépression dans cette période. 

Comment la reconnaître ? Comment la prendre en charge ? On vous répond.

Quelques mots sur la ménopause 

Avant d’entrer dans le vif de la dépression, un petit rappel essentiel sur la ménopause et comment elle bouleverse votre corps. 

La ménopause désigne une période de transition hormonale rencontrée par 100 % des femmes à un moment de leur vie. Concrètement, le taux d’hormones sexuelles (œstrogènes et progestérone) diminue progressivement pendant la préménopause, jusqu’à atteindre des taux nuls : c'est la ménopause. 

Vous êtes officiellement ménopausée lorsque vous n’avez pas eu vos règles pendant 12 mois consécutifs, votre cycle menstruel est à l’arrêt. En moyenne, la ménopause est diagnostiquée à 51 ans (Inserm), mais les premiers symptômes peuvent apparaître dès la fin de la trentaine chez certaines femmes. 

Parmi les manifestations les plus incommodantes, on retrouve bien sûr les troubles climatériques (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes), mais aussi une sécheresse vaginale, une fatigue chronique, des douleurs musculosquelettiques. 

En fait, tout votre corps est impacté par la ménopause. 

La plupart de vos organes sont équipés de récepteurs hormonaux. Lorsque votre taux d’hormones chute, vos organes peinent à fonctionner normalement, votre corps s’affole et tente de retrouver l’équilibre comme il peut… Mais il a bien souvent besoin d’un coup de pouce. 

On vous explique comment la ménopause impacte votre santé mentale

Êtes-vous plus exposée à la dépression en ménopause ? 

La ménopause impacte réellement votre équilibre psychique. Si vous vous sentez fatiguée, stressée, fragilisée dans cette période, ce n’est pas un caprice, c’est une réalité biologique. 

Dès la préménopause, vous pouvez par exemple observer : 

  • Une plus grande fragilité émotionnelle : c’est à nouveau une histoire d’hormones, exactement comme les variations d’humeur pendant le cycle menstruel (coucou le SPM).

  • Une plus grande anxiété : vous avez des difficultés à gérer les situations de stress ou l’imprévu. 

  • Vous vous sentez fatiguée : la fatigue chronique est bien un symptôme de ménopause mais elle est aussi la conséquence des autres troubles physiques. Difficile d’avoir des nuits reposantes si vous souffrez de fuites urinaires, de sueurs nocturnes ou d’anxiété…

Au final, vous vous sentez plus vulnérable et vous êtes exposée à de fortes variations d’émotions. Le terrain est plus que favorable à la dépression. 

Une étude britannique de 2024 qui combine les résultats de plusieurs enquêtes montre le lien entre les différents stades de la (pré)ménopause et l’exposition à la dépression. 

Cette méta-analyse combine les données de 7 études internationales avec plus de 9 000 femmes pour mesurer le lien entre la phase de ménopause et le risque de dépression.

Les femmes en périménopause ont environ 40 % de risque en plus de développer des symptômes dépressifs ou de diagnostic de dépression par rapport aux femmes préménopausées.

En clair, plus vous progressez dans la ménopause, plus vous êtes vulnérable face à la dépression

Même si la dépression (qui est une maladie, on le rappelle), n’est pas une fatalité, on ne peut pas nier que les fluctuations hormonales influencent très largement votre santé mentale. 

Comment reconnaître les premiers signes de dépression en ménopause ? 

Distinguer dépression et déprime

La dépression, ce n’est pas du tout la même chose qu’une déprime ou qu’un coup de blues. En ménopause, il peut vous arriver de vous sentir impuissante, fatiguée ou dépassée par tous les changements. Si cela est passager et n’affecte pas votre qualité de vie au long cours, on parle davantage de déprime.  

La dépression est une maladie avec des conséquences concrètes sur le long terme. Si vous traversez un état de tristesse continu qui dure plus de 15 jours, cela doit vous mettre sur la piste de la dépression. 

L’Institut du cerveau définit la dépression comme : 

“Un trouble du comportement dans lequel l’humeur est pathologiquement figée dans la tristesse ou la douleur. La tristesse de la personne dépressive est intense et n’est pas diminuée par des circonstances extérieures.”

Cette maladie concerne 5 à 15 % de la population adulte et touche deux fois plus de femmes que d’hommes. Comme toutes les maladies, elle doit être diagnostiquée par un.e professionnel.le de santé : psychiatre ou médecin généraliste. 

Les symptômes de la dépression en ménopause 

Vous commencez à voir plus clair entre déprime passagère et vraie dépression. Maintenant, entrons dans le concret.

Selon l’OMS, plusieurs symptômes doivent vous alerter s’ils s’installent dans la durée :

  • des difficultés de concentration (vous relisez trois fois le même mail sans le comprendre),

  • un sentiment de culpabilité excessif ou une estime de vous en chute libre,

  • une impression que l’avenir est sombre, bouché, sans perspective,

  • des troubles du sommeil (réveils nocturnes, insomnies, ou au contraire envie de dormir tout le temps),

  • des fluctuations de l’appétit ou du poids,

  • une fatigue intense, presque écrasante,

  • et, dans les cas les plus graves, des idées suicidaires.

Ce dernier point est évidemment un signal d’urgence. Si vous vous reconnaissez là-dedans, vous ne devez pas rester seule.

Ce qui rend la période de ménopause particulièrement sensible, c’est qu’elle cumule plusieurs fragilités. Les hormones chutent, oui. Mais ce n’est pas tout.

Une étude menée par Kantar pour la Fondation des Femmes montre que plus d’une femme sur trois vit mal l’avancée en âge. Pour une femme sur quatre, la ménopause est synonyme d’ennuis de santé et de corps affaibli. Et une femme sur dix dit avoir l’impression que “la vie est derrière elle”.

Ce chiffre fait mal.

Parce qu’il touche à quelque chose de profond : l’invisibilisation des femmes matures. Au travail, dans les médias, parfois même dans le couple. Certaines femmes décrivent un sentiment d’effacement : moins regardées, moins écoutées, moins désirées. Comme si leur valeur avait une date de péremption.

Forcément, quand le corps change, que la société envoie des messages pas franchement valorisants et que les hormones jouent aux montagnes russes, la santé mentale peut vaciller.

Et ce n’est pas une question de “mental faible”. C’est un cumul de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux. Autrement dit : c’est sérieux, et ça mérite une vraie prise en charge.

Prendre en charge la dépression en ménopause 

Le traitement hormonal de la ménopause permet-il de lutter contre la dépression 

Réponse honnête : oui… et non.

Le traitement hormonal de la ménopause (THM) est aujourd’hui le seul traitement capable d’agir de manière globale sur les symptômes liés à la chute hormonale. Il apporte des hormones de synthèse pour compenser la baisse d’œstrogènes et de progestérone.

Concrètement, il peut améliorer :

  • les bouffées de chaleur,

  • le sommeil,

  • la sécheresse vaginale,

  • certaines douleurs,

  • et parfois la stabilité émotionnelle.

Donc oui, en retrouvant des nuits plus paisibles, une intimité plus confortable et un corps moins en souffrance, vous pouvez indirectement vous sentir mieux psychiquement.

Si vous êtes éligible, c’est un premier levier à discuter avec un.e professionnel.le de santé.

Mais, parce qu’il y a un mais, le THM ne suffit pas toujours.

D’abord, il n’est pas systématiquement prescrit en préménopause. Ensuite, la dépression est une maladie multifactorielle. Les hormones jouent un rôle, mais elles ne sont pas les seules responsables. Histoire personnelle, charge mentale, contexte professionnel, regard social… tout entre en jeu.

C’est pour ça qu’une prise en charge efficace est souvent globale.

Hygiène de vie en ménopause : un levier pour lutter contre la dépression 

On sait.

Vous en avez peut-être marre d’entendre que “le sport et l’alimentation, c’est la base”. Surtout quand vous êtes déjà épuisée.

Et pourtant… c’est une réalité biologique.

La sédentarité et une alimentation complètement déséquilibrée peuvent accentuer la fatigue, les troubles du sommeil et les variations d’humeur. Dans une période déjà instable, ça n’aide pas.

Attention : il ne s’agit pas d’adopter un régime militaire ni de vous lancer dans un bootcamp à 6h du matin (vraiment pas).

L’idée, c’est plutôt de conserver un cadre rassurant et régulier.

Côté mouvement : trouvez une activité qui vous fait du bien. Marche rapide, yoga, danse, natation, renforcement musculaire… Peu importe. Ce qui compte, c’est qu’en sortant, vous vous sentiez un peu plus solide, un peu plus fière, un peu plus vivante. Et accessoirement, vous aurez sécrété des endorphines, ces fameuses hormones qui soutiennent l’humeur.

Côté alimentation : rien de révolutionnaire. Veillez à ce que votre corps ne manque de rien. Des protéines, des bons gras, des fibres, des vitamines, une bonne hydratation. Parfois, un petit check-up biologique et hormonal peut être utile pour ajuster (carence en fer, en vitamine D, troubles thyroïdiens…). 

Vous pouvez aussi apporter un petit soutien supplémentaire à votre corps avec des compléments alimentaires spécifiquement conçus pour la ménopause. Ce n’est pas un traitement, mais un coup de boost naturel pour retrouver votre équilibre. 

Ce ne sont pas des solutions miracles. Mais ce sont des fondations solides.

Quel accompagnement pour lutter contre la dépression en ménopause ? 

Si vous sentez que ça dépasse le simple “coup dur”, la première porte d’entrée peut être votre médecin généraliste. Il ou elle pourra évaluer la situation et vous orienter.

Ensuite, plusieurs options existent :

  • Le.la psychiatre : c’est un médecin. Il peut poser un diagnostic de dépression, proposer un traitement médicamenteux si nécessaire et coordonner la prise en charge.

  • Le.la psychologue : c’est un espace de parole sécurisé. Vous pouvez y déposer absolument tout : la peur de vieillir, les complexes, la transformation du corps, les tensions dans le couple, le sentiment d’invisibilité…

L’objectif n’est pas de vous coller une étiquette, mais de construire une prise en charge pluridisciplinaire, adaptée à vous.

Le plus important ? Vous sentir en confiance, écoutée et respectée.

Parce qu’à la ménopause, vous n’êtes pas “en fin de course”. Vous êtes dans une transition. Et une transition, ça se traverse mieux quand on est accompagnée.

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Coline Levin

Well-being

Coline Levin is a writer, a graduate of Audencia. After a stint at McKinsey, she now uses her writing skills to support socially responsible brands and powerful narratives.

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