Fuites urinaires : comment les prévenir ?
By Coline Levin
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Dans la famille des sujets intimes encore trop peu abordés, on demande les fuites urinaires !
Quand on parle de fuites urinaires, on évoque les pertes urinaires incontrôlées, plus ou moins importantes, qui peuvent survenir à tout âge. Elles concernent les femmes comme les hommes.
Selon une étude menée par l’Association Française d’Urologie (AFU), 43 % des Français considèrent que les fuites urinaires sont un sujet tabou.
On sait bien que les conversations intimes peuvent être difficiles, mais les fuites urinaires, c’est un vrai sujet santé. Elles impactent votre confort au quotidien, votre repos, votre intimité, mais aussi votre confiance en vous.
Dans cet article, on lève enfin le tabou sur les fuites urinaires et on vous livre nos conseils pour les prévenir le mieux possible.
Comment expliquer les fuites urinaires ?
Comprendre son périnée pour mieux prévenir les fuites urinaires
Les fuites urinaires peuvent toucher les femmes comme les hommes, à n’importe quel âge. Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas “juste” un problème de séniors !
Une personne sur 3 âgée de plus de 18 ans souffre d’incontinence urinaire en France.
Quand on parle d’incontinence urinaire, on ne parle pas forcément de “se faire pipi dessus”. Mais croyez-nous, quelques gouttes suffisent à gâcher une journée. Si vous souffrez de fuites urinaires, vous savez à quel point cela peut être déstabilisant.
Il existe 2 types d’incontinence urinaire :
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L’incontinence à l’effort : une petite quantité d’urine s’échappe au moment d’un effort physique ou d’une sollicitation (même minime) du périnée. Par exemple, si vous toussez ou que vous riez, cela peut provoquer une petite fuite, sans besoin d’uriner derrière.
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L’incontinence par hyperactivité de la vessie : il s’agit d’une fuite involontaire d’urine, souvent en plus grande quantité et accompagnée d’une envie pressante et incontrôlable d’uriner. Ce type de fuite est particulièrement handicapant, cela peut survenir la nuit ou pendant les heures de travail.
Quel que soit le type d’incontinence urinaire qui vous concerne, on vous parlera forcément de votre périnée (aussi appelé plancher pelvien). Il s’agit d’un groupe de muscles qui soutient la vessie, l’utérus et le rectum. L’incontinence est souvent liée à un relâchement ou à une faiblesse du périnée. Comme tous les muscles du corps, il s’entretient !
Hygiène de vie et fuites urinaires
Autre facteur pour comprendre vos fuites urinaires : votre hygiène de vie.
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Une alimentation déséquilibrée et un surpoids vous exposent à un plus grand risque d’incontinence. Encore une fois, la surcharge pondérale vient exercer une pesanteur sur le périnée qui est donc très sollicité.
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La consommation excessive de café ou d’alcool et le manque d’hydratation affectent aussi votre plancher pelvien et vos organes génito-urinaires.
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La pratique d’une activité physique intense et répétée est aussi à considérer. On parle surtout des sports d’impacts comme la boxe où votre périnée peut être fragilisé par les coups.
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Indirectement, les effets du tabac viennent aussi accentuer la pression abdominale. Une consommation quotidienne augmente également le risque de cancers sur la zone génito-urinaire. L’incontinence est souvent l’un des premiers symptômes d’une pathologie grave de ces organes.
Vous l’aurez compris : ce que vous mangez, votre périnée le mange aussi. Parfois, quelques ajustements au niveau de votre hygiène de vie permettent de retrouver le confort intime que vous méritez. N’hésitez pas à en toucher deux mots à un.e professionnel.le de santé de confiance. Votre médecin généraliste pourra vous rediriger vers un.e urologue s’il ou elle juge cela nécessaire.
Les fuites urinaires après un accouchement
De nombreuses femmes entendent parler des fuites urinaires pour la première fois au moment du post-partum, après l’accouchement.
Pendant les 9 mois de grossesse, votre bébé prend du poids et exerce une pression de plus en plus grande sur le périnée. Ce dernier est aussi largement sollicité au moment d’un accouchement par voie basse.
Tout au long de la grossesse, le périnée fournit un effort considérable. Une fois bébé délivré, le périnée est essoré et a besoin qu’on prenne aussi soin de lui.
Les fuites urinaires en post-partum concernent 15 à 40 % des femmes. Pour d’autres, l’incontinence commence même pendant la grossesse, en particulier au troisième trimestre.
Il est donc très largement recommandé de prendre du temps pour rééduquer son périnée en post-partum. C’est même indispensable si vous voulez retrouver votre autonomie, votre confort et vos sensations intimes !
En général, le processus de rééducation commence 8 semaines après l’accouchement. Les 10 premières séances de kiné sont remboursées à 100 % par l'Assurance Maladie. Les suivantes sont remboursées à hauteur de 65 % si elles sont prescrites par un médecin.
Fuites urinaires et ménopause
La ménopause est une autre période charnière de la vie d’une femme. Sur le plan hormonal, c’est un vrai chamboulement. Pour faire simple, les taux d’œstrogène et de progestérone chutent et placent le corps dans une situation de carence hormonale.
Cela se traduit par un ensemble de symptômes, dont les symptômes du SGUM : le syndrome génito-urinaire de la ménopause. Ce terme désigne tous les symptômes de ménopause qui affectent votre sphère intime : la sécheresse vaginale et les troubles urinaires, entre autres. Ceux-ci sont directement liés au relâchement du périnée dans cette période.
Toujours selon l’AFU, au moins une femme ménopausée sur trois est concernée par les fuites urinaires.
Fort heureusement, il existe tout plein de techniques pour tonifier votre périnée et venir à bout de cette incontinence. On vous conseille de tester :
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la gymnastique hypopressive,
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les séances de rééducation périnéale avec un kiné (qui ne sont pas réservées qu’aux jeunes mamans),
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les séances d’électrostimulation,
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les exercices de Kegel à volonté,
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les séances en chaise de rééducation (Emsella).
Si vous êtes concernée, surtout n’ayez pas honte. Non seulement les fuites urinaires sont assez courantes en ménopause, mais surtout, elles s’expliquent biologiquement. D’ailleurs, les hommes aussi sont concernés à cet âge-là.
Quelles sont les conséquences des fuites urinaires ?
Un sommeil perturbé
Les fuites urinaires peuvent survenir à n’importe quel moment. Oui, même quand vous dormez profondément.
La nuit, elles deviennent particulièrement handicapantes. Se lever une, deux, trois fois pour aller aux toilettes, vérifier qu’il n’y a pas eu de fuite, se changer, se rendormir… ou pas. Résultat : des nuits hachées et une fatigue qui s’accumule.
En période de ménopause, c’est souvent la double peine. Les envies pressantes nocturnes s’ajoutent à d’autres symptômes déjà bien fatigants, comme les bouffées de chaleur ou les réveils nocturnes.
En post-partum aussi, les fuites urinaires peuvent être très difficiles à vivre. Vous gérez déjà un nouveau-né, des nuits courtes, un corps en pleine récupération… et on ne vous a pas toujours prévenue que les fuites pouvaient s’inviter à la fête. Ce n’est ni rare, ni anormal, mais ça mérite clairement d’être pris en charge.
Confiance en soi et intimité
Forcément, les fuites urinaires sont très difficiles à vivre sur le plan émotionnel. Elles peuvent provoquer un sentiment d’impuissance, parfois même une impression de « régression ». Comme si votre corps ne suivait plus.
Petit à petit, la peur s’installe : peur de rire trop fort, d’éternuer en public, de faire du sport, de danser, de vivre tout simplement. Chaque mouvement devient un potentiel risque. Et ça, c’est lourd à porter.
Quand on a du mal à se sentir continent, il peut aussi devenir compliqué d’apprivoiser son corps comme un espace de plaisir et de détente. L’intimité peut en pâtir, alors même que les fuites urinaires n’ont rien à voir avec votre désir ou votre féminité (ou masculinité, d’ailleurs).
Il est essentiel de vous rappeler une chose : vous n’y êtes pour rien. Les fuites urinaires sont un phénomène mécanique, lié au fonctionnement de votre corps, et absolument pas à un manque de contrôle ou de volonté. Et surtout, vous êtes loin d’être seul.e.
En parler, se faire accompagner, se mettre en mouvement est une étape clé. N’hésitez pas non plus à échanger avec votre partenaire si vous en ressentez le besoin. Mettre des mots permet souvent d’enlever une bonne partie du poids (émotionnel, cette fois).
Comment prévenir les fuites urinaires ?
Les bonnes pratiques en matière d’hygiène de vie
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Uriner comme il faut, ça s’apprend
Première règle d’or : ne pas forcer quand vous urinez. Pousser pour « aller plus vite » ou pour être sûr.e d’avoir tout vidé n’aide absolument pas votre vessie… ni votre périnée. Laissez faire, tout simplement.
Dans la même idée, prenez le temps d’uriner complètement. Se lever trop vite ou interrompre la miction peut perturber le fonctionnement naturel de la vessie à long terme.
À l’inverse, se retenir trop souvent n’est pas une bonne idée non plus. On sait que ce n’est pas toujours pratique, mais repousser systématiquement l’envie d’uriner finit par dérégler les signaux envoyés par la vessie.
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Prendre en charge les infections urinaires
Autre point important : prendre en charge rapidement les infections urinaires. Une cystite mal ou tardivement traitée peut fragiliser la vessie et favoriser l’apparition de troubles urinaires.
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Adopter un mode de vie sain
Adopter un mode de vie sain est également essentiel pour éviter le surpoids, qui exerce une pression supplémentaire sur le périnée. Là encore, ce n’est pas une question d’esthétique, mais bien de mécanique corporelle.
Enfin, certaines boissons ont tendance à stimuler la vessie. Le thé, le café, les sodas type cola ou encore l’alcool peuvent augmenter les envies pressantes. Pas besoin de les bannir à vie, mais les consommer avec modération peut clairement aider.
Prendre soin de votre périnée… quel que soit votre âge
Il existe aujourd’hui plusieurs solutions pour renforcer et entretenir votre périnée.
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La rééducation périnéale, par exemple, peut se faire avec une sonde ou différents accessoires. Les boules de Kegel sont particulièrement intéressantes : elles permettent une progression en douceur, en autonomie et à votre rythme.
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La gymnastique hypopressive est une autre option très efficace. Elle repose sur des mouvements et des contractions spécifiques du plancher pelvien, que l’on n’a pas l’habitude de solliciter consciemment. En bonus, elle fait aussi du bien au dos et à la posture.
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Les séances de rééducation avec un.e kinésithérapeute spécialisé.e restent une valeur sûre. Elles permettent d’apprendre les bons gestes, de corriger les mauvaises habitudes et d’être accompagné.e dans la durée.
Le plus important ? Ne pas attendre d’avoir des fuites pour s’en préoccuper. Un périnée, ça s’entretient, un peu comme n’importe quel autre muscle du corps.
Zoom sur les exercices de Kegel pour muscler votre périnée
Les exercices de Kegel sont souvent les premiers auxquels on pense… et ce n’est pas pour rien. Simples, discrets et efficaces, ils peuvent être réalisés presque partout (oui, même dans les transports, personne ne le saura).
Le principe est simple : contracter les muscles du périnée comme si vous cherchiez à retenir un gaz ou un jet d’urine, puis relâcher. L’important, c’est de bien identifier les bons muscles et de respirer normalement pendant l’exercice.
Commencez par des séries courtes : par exemple, contracter 5 secondes, relâcher 5 secondes, et répéter une dizaine de fois. Avec le temps, vous pourrez augmenter progressivement la durée et le nombre de répétitions.
La régularité est la clé. Quelques minutes par jour suffisent pour observer des améliorations, à condition de s’y tenir. Et si vous avez un doute sur la bonne exécution des exercices, un.e professionnel.le de santé pourra vous guider.
Avec tout ça, vous pouvez naviguer en toute sécurité dans les eaux troubles des fuites urinaires. Ne laissez pas l’incontinence peser sur votre bien-être et votre intimité. Parlez-en, prenez-la en charge et prenez soin de vous.
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