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50 Shades of Grey est-il vraiment un bon film sur le BDSM ?

By Coline Levin

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50 Shades of Grey est-il vraiment un bon film sur le BDSM ? - Puissante Image

Quand on pense aux représentations du BDSM dans la pop culture, 50 Shades of Grey vient assez vite sur la table. C’est en effet LE film qui a révélé le BDSM (Bondage, Discipline, Domination, Soumission) au grand public il y a déjà plus de 10 ans !

50 Shades of Grey est l’adaptation cinématographique de la romance éponyme écrite par E.L James. La trilogie de romans auto-édités a connu un succès fulgurant dans les pays occidentaux, en particulier auprès des femmes. C’est la première fois qu’un ouvrage aussi grand public décrit dans le détail des pratiques sexuelles aussi intenses, ou un peu moins “vanilles” (traditionnelles), comme on dit dans le milieu. 

Chez Puissante, on adore décrypter les représentations de la sexualité dans la pop culture. Forcément, on ne pouvait pas passer à côté du phénomène 50 Shades. 

Avec quelques années de recul, on s’est demandé si c’était vraiment une représentation fidèle de ce qui se passe dans les rapports BDSM. 

Et voici ce qu’on en a conclu. 

Petit rafraîchissement de la mémoire

Avant de décrypter la représentation du BDSM dans 50 Shades of Grey, un petit rappel du scénario. 

On vous met dans le bain : Seattle, début des années 2010. Anastasia, jeune étudiante de 22 ans, remplace au pied levé sa colocataire pour un devoir universitaire. La mission ? Interview Christian Grey, jeune PDG mystérieux de 27 ans au regard de braise et aux muscles saillants. 

Elle est immédiatement séduite par son charisme, et lui, par sa fraîcheur. Après s’être (très) rapidement fait la cour, ils entament une relation. La première fois qu’Ana pénètre l’appartement de Christian, elle découvre son attrait pour l’univers BDSM. Dans une pièce rouge, complètement dédiée aux jeux érotiques, il l'initie progressivement à cette pratique. 

Les 3 volets de 50 Shades tournent autour de leur relation amoureuse et surtout, de leurs rapports sexuels, de plus en plus exotiques. Une dynamique de domination / soumission s’instaure entre eux dans l’intimité, mais aussi dans leur quotidien. 

Si le film a en effet permis de représenter une sexualité plus assumée et décomplexée (ça, c’est cool), il ne l’a peut-être pas fait de la meilleure manière (moins cool). On vous explique.

50 Shades of Grey : il y a du bon… et du moins bon 

Un scénario qui laisse un peu à désirer

Quand on fait un tout petit pas de recul, on se rend vite compte que le scénario du film est un chouïa cliché. Une étudiante vierge de 22 ans qui tombe amoureuse d’un jeune homme d'affaires richissime… pas de quoi bousculer les codes du patriarcat. 

On a de nouveau eu le droit à la bonne vieille représentation de la jeune vierge naïve, innocente et dépourvue de libre arbitre. De quoi remettre une couche sur le mythe de la virginité sacrée : notre héritage judéo-chrétien reprend toujours le dessus. 

Pour ce qui est du rapport de domination / soumission dans la sexualité, on était RAVIES d’en avoir enfin une représentation sur grand écran, mais pourquoi l’avoir également transposé au quotidien ? 

Christian Grey, c’est l'archétype de l'américain hyper puissant qui croule sous les responsabilités. Anastasia est plus jeune, n’a pas d’ambition particulière, pas de caractère assumé ou de véritable talent. 

Dans la construction même des personnages, c’est Christian qui prend le dessus. On aurait tellement aimé voir une femme de pouvoir assumer complètement ses désirs et ses fantasmes

Ici, on fait à nouveau la part belle au male gaze, du point de vue masculin. On assiste à la naissance d’une relation de domination et d’emprise à travers les yeux d’un homme pas déconstruit. Bof. 

La team Puissante réclame une nouvelle version de 50 Shades, vue par une femme qui s’assume dans la vie comme dans son intimité. Les boîtes de production américaines devraient s’inspirer un peu plus des codes du porno éthique

Quelques mots sur le consentement 

Si vous vous êtes déjà renseignée sur le BDSM, vous savez que le consentement, c’est la clé. Pas que dans le BDSM d’ailleurs. 

Dans le film, Christian fait signer un contrat à Anastasia pour poser un cadre à leurs rapports. C’est un bon début mais c’est loin d’être suffisant. À aucun moment, on ne les voit discuter des termes de ce fameux contrat. Or, les discussions sont justement les moments où chaque partenaire peut exprimer clairement ses envies et ses limites car la dynamique de pouvoir n’existe pas.  

Ici, on a plutôt l’impression qu’Anastasia est contrainte de signer le contrat. Malaise.  

Dès la sortie du premier film, les pratiquant.es BDSM ont pris la parole pour expliquer que cette représentation n’était pas du tout fidèle à la réalité. Selon eux, certaines pratiques n’ont pas été consenties en amont. On entend d’ailleurs Ana dire “non”, “je n’ai pas envie” ou “je ne suis pas sûre” à plusieurs occurrences. 

En bref, un rapport sans consentement explicite et sans cadre clair, ça tient plus de l’abus que du BDSM. 

50 shades of Grey : le cliché du BDSM ? 

Autre point soulevé par la communauté BDSM : le film ne fait que perpétuer tous les malheureux clichés qui pèsent déjà sur la pratique

  • l’homme dominant et malheureux qui se sert du sexe comme exutoire, 

  • les rapports violents et très scénarisés,

  • peu ou pas de discussion en amont des ébats sexuels.

C’est exactement ce que l’on peut penser si on ne s’est pas renseigné sur les valeurs et les codes du BDSM. Pour les habitués, la dynamique de domination / soumission, c’est tout l’inverse de ça ! C’est une preuve de confiance, d’ouverture d’esprit, un moyen de partager une expérience forte avec sa ou son partenaire.

Le hic, c’est que les téléspectateurs ont pris les clichés du film un peu trop au pied de la lettre. En quelques semaines, le “BDSM à la 50 Shades” s’est fait une place dans les foyers des Français, oui oui ! Par exemple, Decathlon a observé une nette augmentation dans la vente des cravaches pour équitation. Ikea a aussi fait un carton en reprenant quelques codes de la fameuse chambre rouge de Christian. 

Ce qu’il aurait fallu faire pour respecter les codes du BDSM 

Un rappel essentiel sur le BDSM 

Le BDSM, c’est donc l’acronyme de Bondage, Discipline, Domination, Soumission. Le terme englobe donc bien sûr les rapports de domination / soumission mais aussi d’autres pratiques qui impliquent des cordes, accessoires, jeux de rôles…

Historiquement, le BDSM était considéré comme une déviance sexuelle, voire un crime. Fort heureusement, on en est revenu…

Le mouvement #MeToo a notamment été l’occasion de redorer le blason du BDSM et de rappeler que les pratiques sont basées exclusivement sur un consentement explicite

Dans un rapport BDSM, le/la soumis.e ne cherche pas à souffrir en vain, mais plutôt un moyen de trouver du plaisir et de l’apaisement dans le fait de s'abandonner à l’autre. Le ou la dominant.e endosse toutes les responsabilités et “prend en charge” les sensations de son.sa soumis.e le temps du rapport.

Les jeux d’impact, appelés “impact plays”, comme la fessée, la fameuse cravache ou le martinet (et autres fantaisies), sont d’excellents moyens de libérer de l’endorphine, la fameuse hormone du plaisir et de la détente… tant pour le.la soumis.e que pour le.la dominant.e. 

Ce que les pratiquant.es recherchent dans le BDSM, c’est une connexion émotionnelle et charnelle qui dépasse le sexe traditionnel. Et ça, ça n’est possible qu’avec du consentement. 

Safeword et aftercare : 2 notions clés du BDSM

Dans le BDSM, le safeword est un mot de sécurité qui permet d’arrêter instantanément une scène.

Pourquoi est-ce indispensable ? Parce que le principe même du BDSM est de jouer avec des situations parfois douloureuses ou inconfortables. Dans ce contexte, un “stop” peut faire partie du jeu. Le safeword, lui, ne l’est jamais.

C’est le bouton “pause” sacré. Celui qui dit : là, pour de vrai, on s’arrête.

Dans 50 Shades, Christian et Anastasia choisissent “rouge”. Sur le papier, tout va bien. Dans les faits… Ana doit le répéter quatre fois avant qu’il ne réagisse. Autant dire que le message est raté. Dans une vraie dynamique BDSM, le safeword est entendu à la première syllabe. Sans débat, ni délai. 

Autre grand absent du film : l’aftercare.

L’aftercare, c’est tout ce qui vient après la scène : des mots doux, des câlins, un verre d’eau, un massage… Un moment à deux pour redescendre, se reconnecter et se rassurer. 

C’est une étape essentielle, pas une option.

Dans 50 Shades, Christian laisse souvent Anastasia seule, sans prendre soin d’elle. Le film perpétue ainsi le cliché de l’homme dominant froid, distant, insaisissable. Or, dans la réalité, le BDSM repose aussi sur la vulnérabilité. Prendre soin de l’autre fait partie intégrante du jeu.

Un dominant qui ne pratique pas l’aftercare… ce n’est pas un bon dominant. C’est juste quelqu’un qui passe à côté de l’essentiel.

Pour aller plus loin, on vous recommande le podcast Un maître élève sa soumise, témoignage d’un homme dominant qui parle avec beaucoup de justesse de cette responsabilité.

Le BDSM en couple, c’est possible ? 

Oui. Mille fois oui.

Le BDSM n’est pas réservé à des rencontres occasionnelles ou à des aventures “hors cadre”. Il est tout à fait possible de vivre une relation BDSM en couple. Certaines personnes choisissent même d’étendre la dynamique au-delà de la chambre à coucher. On parle alors de relation “24/7” : la domination et la soumission s’inscrivent dans le quotidien.

Mais attention : ce type de relation ne s’improvise pas.

Il repose sur des semaines, parfois des mois de discussions en amont. On parle de désirs, de fantasmes, de limites, de peurs. On ajuste. On teste. On réajuste. Et surtout, on s’assure que la confiance est totale et réciproque.

Une relation BDSM saine ne peut exister que dans un cadre de respect absolu.
Ce n’est pas un rapport de force, c’est un pacte. 

Le podcast Oui, maître donne la parole à une femme soumise en couple avec son dominant. Un témoignage précieux et loin des clichés, qu’on vous recommande d’écouter. 

Chez Puissante, on aime rappeler que le BDSM, ce n’est pas une version dark de l’amour.

C’est une autre façon de se rencontrer, de se faire confiance… et de prendre beaucoup de plaisir à deux, et + si affinités.

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Coline Levin

Well-being

Coline Levin is a writer, a graduate of Audencia. After a stint at McKinsey, she now uses her writing skills to support socially responsible brands and powerful narratives.

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