Tout ce que vous devez savoir sur la prostate
By Coline Levin
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La prostate est entourée de préjugés, de clichés et de tabous, mais surtout, elle est encore mal connue. Si on entend souvent parler d’elle dans un contexte de santé, elle est bien sous-estimée pour son potentiel orgasmique.
La prostate est pourtant un organe hyper puissant du plaisir masculin, une vraie piste à explorer pour explorer une nouvelle forme de jouissance. C’est une zone érogène sensible que les hommes n’osent pas encore prendre en main, littéralement.
Si vous êtes vous-même un homme ou que votre partenaire a la chance d’être doté d’une prostate, vous êtes tombé.e sur le bon article. On vous explique tout ce qu’il faut savoir sur cet organe mystère et comment le stimuler dans votre intimité.
C’est quoi la prostate ?
Une définition simple de la prostate
La prostate est un organe timide, peu représenté sur les manuels scolaires et dont les fonctions sont encore méconnues, parfois des hommes eux-mêmes.
Avant d’aller plus loin, on répond tout de suite à la question qui vous brûle les lèvres : les femmes ont-elles une prostate ? Oui, et non. Il existe bien une prostate féminine mais qui est plutôt un vestige, un organe microscopique que l’on ne peut ni observer ni stimuler. Fort heureusement : vous avez tout plein d’autres zones érogènes à explorer !
Pour en revenir à notre prostate masculine, cet organe fait à peu près la taille d’une châtaigne et est situé sous la vessie, devant le rectum. Il produit une grande partie de la substance contenu dans le sperme : un liquide qui permet notamment de maintenir les spermatozoïdes en vie et qui est contenu dans l’éjaculation.
Comment trouver sa prostate ?
Il est important qu’un homme sache localiser sa prostate, non seulement pour prendre du plaisir (on vous parlera un peu plus bas du fameux point P), mais aussi pour des raisons de santé.
Vous pouvez atteindre la prostate en passant par l’anus, elle est située environ à 7 cm de l’entrée. Après vous être lavé et lubrifié les mains, utilisez votre doigt pour partir en exploration. Si vous êtes détendu, c’est encore mieux ! On le redit : la prostate est un organe timide qui se fait désirer.
Chez Puissante, on conseille souvent aux femmes de découvrir leur anatomie face à un miroir. L’autogynécologie, ça vaut aussi pour les hommes. Mettez-vous sur le dos, les quatre fers en l’air ou les genoux ramenés vers vous et explorez votre corps.
Prenez votre temps, rien ne presse.
La sensibilité de la prostate varie d’un homme à l’autre, mais en général, c’est un véritable berceau de plaisir. Si toutefois cet organe est très sensible, voire douloureux, parlez-en à un.e professionnel.le de santé.
Prostate et santé : un petit point essentiel
Avant de parler plaisir (on y arrive, promis), faisons un rapide détour par la santé. Parce que oui, la prostate est surtout connue pour ça… et ce n’est pas pour rien.
La prostate pose rarement problème à l’adolescence ou chez les jeunes adultes. Les choses évoluent plutôt avec l’âge, car c’est un organe qui grandit progressivement au fil du temps. À l’origine, elle pèse une dizaine de grammes, mais chez la plupart des hommes, elle augmente lentement de volume. C’est pour ça qu’on recommande d’être particulièrement vigilant à partir de 50 ans.
Avec le temps, la prostate peut devenir le siège de troubles bénins (comme l’hypertrophie bénigne de la prostate) ou, plus rarement, de tumeurs malignes. Le développement est généralement lent et progressif, ce qui laisse une large marge de manœuvre pour le diagnostic et la prise en charge.
Petit point important : il n’existe pas de dépistage systématique du cancer de la prostate. D’où l’intérêt d’être attentif à certains signaux et d’en parler avec un.e professionnel.le de santé, surtout si vous avez des antécédents familiaux. Le cancer de la prostate reste le cancer le plus fréquent chez les hommes : il représente environ 25 % des cancers masculins (Institut national du cancer).
Deux examens principaux permettent de détecter une anomalie :
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le dosage du PSA, un antigène produit spécifiquement par la prostate ;
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le toucher rectal, qui permet de confirmer ou non une suspicion.
Bonne nouvelle néanmoins : le cancer de la prostate est extrêmement bien pris en charge aujourd’hui. En France, 93 % des patients sont encore en vie cinq ans après le diagnostic, ce qui en fait l’un des cancers au meilleur pronostic.
Fun fact : la plus grande prostate du monde pesait… 4 kilos. Elle appartenait à un Espagnol en pleine santé.
La prostate : un organe clé du plaisir masculin
Orgasme prostatique, ça existe ?
La réponse est simple : un grand oui.
Les hommes qui ont expérimenté l’orgasme prostatique parlent souvent d’un orgasme plus long, plus enveloppant, plus diffus que l’orgasme pénien classique. Une sensation qui se propage dans tout le corps, plutôt que d’être concentrée sur une seule zone. Beaucoup le comparent d’ailleurs à l’orgasme féminin.
La prostate est un organe extrêmement sensible, mais que les hommes n’ont tout simplement pas l’habitude de stimuler. Et pourtant, son potentiel est immense. Comme toute zone érogène, elle demande du temps, de la curiosité et surtout, zéro pression.
Se tromper, ne rien sentir au début, recommencer plus tard : tout ça fait partie du processus. Encore une fois, c’est votre corps, et il n’y a rien à réussir.
Dans l’émission Les Pieds sur Terre, Adam raconte son expérience de la découverte de l’orgasme prostatique :
« Évidemment, comme tout le monde, ma première expérience était totalement ratée, je n’ai rien senti. J’ai pensé ne jamais y arriver parce que ça avait l'air compliqué. Puis un jour, je fais une séance sans pression et comme j'avais abandonné l'idée d'avoir un orgasme prostatique, je ne me mettais pas de pression. Et c'est là où je l'ai eu.
Quand ça arrive je me demande ce que c’est que ce truc. Ça peut durer 20 à 30 secondes. On tient les draps du lit, on bouge dans tous les sens, on a le corps qui tremble. Ça a été un vrai tournant dans ma vie. »
À noter aussi : il est tout à fait possible de ressentir un orgasme prostatique même si vous souffrez ou avez souffert d’un cancer de la prostate (UroFrance). Le plaisir ne disparaît pas avec la maladie, et c’est un point trop souvent oublié.
Nos conseils pour stimuler sa prostate
Il existe plusieurs façons d’explorer le plaisir prostatique. À vous de trouver celle qui vous correspond.
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Avec les doigts
Commencez toujours en douceur. Des massages, de légères pressions, d’abord à l’extérieur, puis progressivement à l’intérieur, pour laisser le temps au corps de s’habituer. Orientez les doigts vers l’avant du corps, en direction du pénis : c’est là que se situe la prostate.
Les positions les plus confortables ? Les genoux ramenés vers soi, ou carrément contre soi, pieds à plat sur le lit. L’idée est de favoriser le lâcher-prise. Et oui, un réflexe urinaire peut apparaître au début. C’est surprenant, mais totalement normal.
Petit rappel utile : la zone anale ne se lubrifie pas toute seule. Un bon lubrifiant est donc votre meilleur allié.
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Avec la langue
Un.e partenaire peut également stimuler la prostate avec la langue. Comme pour les doigts, on commence à l’extérieur, puis à l’intérieur, progressivement. N’hésitez pas à guider, car il n’est pas toujours évident de bien localiser la zone.
La prostate est parfois difficile à atteindre uniquement avec la langue, surtout au début. Une bonne astuce consiste à la repérer d’abord avec un doigt, car elle a tendance à se gonfler légèrement lorsqu’elle est stimulée, puis à passer à la langue.
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Avec un vibromasseur
Les stimulateurs prostatiques sont spécialement conçus pour ça. Leur forme épouse parfaitement l’anatomie entre l’anus et la prostate, et permet une stimulation précise grâce à différents modes de vibration ou de pression.
C’est une excellente option pour explorer seul ou à deux, surtout si vous avez du mal à atteindre la prostate avec les doigts ou la langue.
Pourquoi le plaisir prostatique est-il si tabou ?
Le plaisir prostatique reste particulièrement tabou, surtout dans l’hétérosexualité. Il est encore trop souvent associé à l’homosexualité, comme si le fait d’être pénétré était incompatible avec une image virile de l’homme.
Résultat : beaucoup d’hommes posent une frontière nette. “Cette zone-là, on ne touche pas.” Non pas par absence de curiosité, mais par peur d’être catalogués, jugés ou assimilés à une orientation sexuelle.
La réalité est moins binaire : il y a des hommes hétéros qui adorent la stimulation prostatique, et des hommes gays qui la détestent. Ces pratiques n’ont rien à voir avec l’orientation sexuelle. Ce sont des étiquettes qu’il est grand temps d’arracher et de jeter à la poubelle.
En se privant de cette zone, certains hommes passent à côté d’un plaisir parfois encore plus intense que l’orgasme “classique”. Sortir de ces carcans poussiéreux, c’est redonner la priorité à son corps, à ses sensations, à son plaisir.
Si ces schémas sont très ancrés et difficiles à déconstruire, en parler avec un.e sexologue peut être une vraie aide. Vous pouvez aussi aborder le sujet avec votre partenaire, ou commencer par vous découvrir seul.
Bref : ne pas mourir idiot, et profiter de tout ce que votre corps a à vous offrir.
La next step ? Peut-être un god ceinture. Pour la science, évidemment.
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