C’est quoi exactement le SOPK ?
Par Coline Levin
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Le syndrome des ovaires polykystiques (ou SOPK pour les intimes) est une pathologie courante mais encore trop méconnue. Beaucoup d’amalgames sont encore faits entre cette pathologie et d’autres troubles gynécologiques. Elle est aussi souvent associée à l’infertilité alors que la réalité est un peu plus complexe que cela.
Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), 6 à 13 % des femmes en âge de procréer souffrent de SOPK : ça fait quand-même près d’une femme sur dix ! Il est hyper important d’en parler, non seulement pour déstigmatiser la pathologie mais aussi pour inviter toutes les femmes à prendre le pouvoir sur leur santé.
Surtout que, le gros problème du SOPK, c’est qu’il est encore largement sous-diagnostiqué. Toujours selon l’OMS, 70 % des femmes concernées ne sont toujours pas diagnostiquées et subissent donc les effets du syndrome des ovaires polykystiques sur leur quotidien.
On vous explique comment le détecter et comment le prendre en charge !
SOPK : définition et diagnostic
Comprendre le SOPK
Commençons par bien définir le SOPK pour partir sur de bonnes bases. Le syndrome des ovaires polykystiques est un dérèglement hormonal avec des conséquences physiques et psychologiques très concrètes.
La première chose à savoir est que le SOPK porte assez mal son nom. En effet, si l’on réalise une échographie d’une femme SOPK, on peut voir une dizaine de petites boules autour de ces ovaires. Si elles ressemblent à des kystes, elles n’en sont pas du tout ! Il s’agit en fait de follicules immatures bloqués dans leur développement.
Le SOPK a malheureusement été nommé avant que l’on sache qu’il ne s’agit pas de kystes. Et malgré l’insistance des médecins et groupes de recherche, la pathologie n’a pas été renommée depuis…
Si vous ne souffrez pas du SOPK, l’hypophyse (située dans le cerveau) stimule la production de FSH puis de LH pour orchestrer votre cycle menstruel. Ces hormones viennent notamment stimuler la production et la maturation des follicules. Le plus costaud d’entre eux est libéré au moment de l’ovulation.
Dans le cas d’un SOPK, plusieurs follicules commencent à maturer mais aucun ne prend le lead ou n’est assez abouti pour jouer le rôle d’ovule. Au fur et à mesure des cycles, les follicules immatures s’accumulent donc au niveau des ovaires. Ce sont eux que l’on peut observer à l’échographie.
Le truc, c’est que ces fameux follicules sécrètent des hormones en continu, ce qui provoque tout un tas de symptômes et bouscule complètement le cycle menstruel.
SOPK : comment est-il diagnostiqué ?
Les autorités de santé (dont l’Inserm) se sont accordées sur les critères diagnostiques du SOPK. On considère qu’une femme est concernée par ce syndrome si elle présente au moins deux des trois critères ci-dessous, appelés critères de Rotterdam :
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Une hyperandrogénie : la présence trop importante d’hormones dites “mâles”, les androgènes, (comme la testostérone par exemple), liée au dérèglement hormonal. Cette hyperandrogénie peut être observée physiquement par la présence de caractéristiques masculines (poils, acné, alopécie), par prise de sang, ou les deux.
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L’observation des follicules immatures au niveau des ovaires.
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Des troubles de l’ovulation avec des cycles menstruels irréguliers : les cycles sont anarchiques, difficiles à suivre, certains sont même anovulatoires. On parle d’aménorrhées lorsque vous n’avez pas eu vos règles pendant 3 mois.
Vivre avec un SOPK au quotidien
Les symptômes physiques du SOPK
Au-delà des cycles menstruels irréguliers, le SOPK est aussi connu pour ses symptômes physiques particulièrement difficiles à vivre. Parmi eux, on note :
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L’hyperandrogénie dont on vous parlait plus tôt. Cette surproduction d'hormones masculines entraîne des modifications physiques comme l’apparition de poils au niveau du bas du visage (hirsutisme) ou la perte de cheveux (alopécie).
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Un syndrome métabolique avec une accumulation de graisse localisée au niveau de la sangle abdominale.
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Un risque de diabète de type 2 qui est en partie responsable de la prise de poids. Plus de 60 % des femmes SOPK sont en surpoids et rencontrent de grandes difficultés à réguler cette conséquence métabolique.
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Indirectement, le SOPK est donc aussi responsable d’une plus grande exposition au risque d’hypertension artérielle et de maladies cardiovasculaires.
Le SOPK est donc bien une maladie gynécologique mais avec un impact global qui s’étend au-delà de la sphère intime. C’est là que l’on se rend compte du pouvoir de nos hormones sur l’ensemble de notre système. SOPK ou pas, on a tout intérêt à en prendre soin.
SOPK et fertilité : des réponses à vos questions
Quel est l’impact de la SOPK sur la fertilité ?
Avant de répondre à cette question, on tient à bien cadrer la notion de fertilité. L’infertilité et la stérilité sont souvent confondus ou intervertis, alors que ce n’est pas la même chose.
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La stérilité, c’est l’impossibilité totale de concevoir spontanément un enfant.
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L’infertilité, c’est la difficulté que rencontre une femme (ou un couple) à concevoir spontanément. On parle d’infertilité lorsqu’un couple essaie de concevoir naturellement depuis au moins 12 mois, mais que la grossesse ne pointe pas le bout de son nez.
Le SOPK est bien la première source d’infertilité féminine. Mais si beaucoup de femmes en souffrent, ce n’est pas systématique ! Le cycle menstruel est irrégulier, certains cycles sont anovulatoires et n’offrent donc aucune possibilité de fécondation.
En plus des problèmes de cycle et d’ovulation, les symptômes du SOPK n’aident pas vraiment à favoriser la grossesse… Par exemple, la fécondabilité est réduite de 8 à 18 % chez les femmes avec des problèmes de poids.
De même, les dérèglements hormonaux déstabilisent complètement la libido et toute la merveilleuse mécanique qui permet de profiter de votre sexualité : excitation, lubrification, jouissance…
Si on vous conseille souvent d’être attentive aux signaux de votre corps pour apprendre à bien vous repérer dans votre cycle, c’est bien plus difficile dans le cadre du SOPK. Le corps ne suit pas vraiment de règle, il fait un peu comme il peut !
Toutefois, si vous ne souhaitez pas tomber enceinte, n’oubliez pas de vous protéger ! Ce n’est pas parce que vous avez un SOPK que vous êtes stérile, vous pouvez toujours concevoir naturellement.
L’impact du SOPK sur la santé mentale
Impossible de parler de SOPK sans évoquer ses conséquences sur la santé mentale.
D’une part, le taux élevé d’androgènes augmente le risque d’anxiété et diminue votre résistance au stress. D’autre part, l’apparition de caractéristiques masculines fragilise énormément l’estime de soi. Pilosité, perte de cheveux, acné et prise de poids, autant de symptômes difficiles à appréhender pour une femme.
Les standards de beauté actuels vont complètement à l’encontre de cette représentation. Les femmes SOPK se sentent souvent impuissantes face à ces symptômes, elles ne comprennent plus leur corps, ne se sentent plus désirables et désirées. Certaines décident même de désinvestir leur sexualité…
“ Le regard des autres peut être une source de stress pour les femmes atteintes du SOPK. Beaucoup témoignent d’un repli sur soi, évitant les interactions sociales par peur du jugement. Cette tendance peut mener à l’isolement, renforçant encore davantage les troubles anxieux et dépressifs.” L’impact psychologique du SOPK, Asso SOPK
Dans leur revue “Le retentissement psychosocial du syndrome des ovaires polykystiques”, Virginie Simon et Maëliss Peigné rappellent que les femmes SOPK sont plus exposées au risque de dépression, dès l’apparition des premiers symptômes.
Comment prendre en charge le SOPK ?
Les solutions médicamenteuses
Il n’existe aujourd’hui pas de traitement spécifique contre le SOPK, notamment parce que les chercheurs n’ont pas encore identifié les causes de cette pathologie. Plusieurs pistes sont actuellement à l’étude, notamment la possibilité d’un syndrome génétique mais aucune conclusion n’a été proposée.
Les médecins proposent cependant une prise en charge symptomatique et sur-mesure pour permettre à toutes les femmes concernées de retrouver leur confort de vie.
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Le traitement anti-androgène permet d’apaiser les manifestations de l’hyper-androgénie mais s’accompagne souvent de quelques effets secondaires indésirables.
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Le traitement à l’insuline est indiqué pour les femmes qui souffrent d’un diabète de type 2.
Si vous rencontrez des difficultés à concevoir, votre professionnel de santé référent vous guidera vers un programme d’AMP (Aide Médicale à la Procréation). Il existe plein de solutions à explorer : la stimulation ovarienne, la FIV ou encore le drilling peuvent être envisagés dans le cas d’un SOPK. Parlez-en à votre équipe médicale et à votre partenaire !
S’entourer d’une équipe de confiance
L’accompagnement pluridisciplinaire est indispensable si vous êtes concernée par le SOPK. On sait que ce n’est pas juste, mais vous devez repenser votre hygiène de vie pour apaiser les symptômes les plus incommodants du syndrome. Votre alimentation et votre pratique sportive notamment, jouent un rôle clé pour soutenir votre corps et réguler votre système endocrinien.
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Côté alimentation, les recommandations sont plutôt classiques. Évitez autant que possible les aliments et les plats très transformés et les graisses saturées. Privilégiez les produits naturels, riches en nutriments et minéraux.
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L’activité physique est indispensable, non seulement pour limiter la prise de poids, mais aussi pour réduire votre résistance à l’insuline et sécréter de l’endorphine : cette hormone si précieuse pour votre santé mentale. Ne dit-on pas qu’un footing vaut 10 orgasmes ? (Non, on ne dit pas ça, non).
Un accompagnement pluridisciplinaire permet de bénéficier du suivi d’un.e psychologue, d’un.e sexologue, d’un.e endocrinologue, d’un accompagnement en diététique… Ne restez pas seule et n’ayez pas honte de parler de vos symptômes.
On vous le rappelle parce que c’est essentiel : une femme sur dix est concernée par le SOPK. Il existe des solutions concrètes pour vous aider retrouver votre mobilité, votre autonomie et l'intimité que vous méritez. Prenez soin de vous.
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