Retard de règles : apprendre à décoder son corps
By Coline Levin
|
Summarize this article with AI
Voilà un sujet qui nous concerne toutes (ou presque) : le retard des règles. Le cycle menstruel n’est pas seulement là pour vous donner l’opportunité d’avoir un enfant, il est aussi un précieux indicateur de votre état de santé global.
D’ailleurs, vous le savez bien, lorsque vos règles ont quelques jours de retard, vous commencez à penser que quelque chose cloche, et les questions se bousculent dans votre tête : Avez-vous bien pris votre pilule ? Est-ce à cause du stress ? À partir de quand faut-il consulter ? Faut-il même consulter pour un retard de règles ?
Respirez un bon coup, on répond à toutes vos questions.
À partir de quand peut-on parler d’un retard de règles ?
Définir ce qu’est un cycle menstruel normal
Le cycle menstruel est entouré de mythe et d’idées reçues. Tenez par exemple, on dit souvent que le cycle menstruel dure 28 jours : c’est le temps qui s’écoule entre le premier jour des règles et le premier jour des menstruations suivantes.
Le collège national des gynécologues et obstétriciens français (le CNGOF) rappelle cependant qu’il ne s’agit que d’une moyenne et que la réalité est plus variable que cela.
Un cycle menstruel “normal” dure entre 21 et 35 jours chez l’adulte. Chez les ados, les cycles sont souvent plus irréguliers, en particulier dans les deux années qui suivent l’apparition des premières règles : c’est tout à fait normal.
Première info à retenir : la durée de votre cycle peut varier de plusieurs jours d’un mois à l’autre, sans que cela ne soit le signe d’une pathologie. Tous les corps ne sont pas réglés comme des horloges.
Quand parle-t-on réellement de retard de règles ?
On parle généralement de retard de règles lorsque :
-
vos menstruations dépassent la durée habituelle du cycle,
-
il y a plus de 5 à 7 jours de décalage par rapport à votre cycle habituel.
Vous devez toujours prendre comme point de référence vos cycles habituels : sont-ils plutôt longs ? Plus courts ? Avez-vous l’habitude d’être régulière ?
Selon une étude américaine publiée en 2022 (Menstrual Cycle Regularity and Length Across the Reproductive Lifespan and Risk of Cardiovascular Disease), près de 9 % des femmes ont des cycles irréguliers. Si vous êtes concernée, soyez attentive aux éléments qui peuvent influencer la durée de votre cycle : sommeil, stress, alimentation, sport… Chaque femme est unique et chaque corps réagit différemment.
Si vous observez une absence de règles mais que vous n’arrivez pas à mettre le doigt sur une explication potentielle et que cela ne vous ressemble pas, parlez-en à un.e professionnel.le de santé.
Les premiers réflexes face à un retard de règles
Si vous constatez un retard de règles, surtout pas de panique. Commencez par vous poser quelques questions :
-
Mon cycle est-il habituellement régulier ?
-
Ai-je vécu un changement récent (stress, voyage, maladie) ?
-
Est-ce que tout est ok avec ma contraception ?
-
Ce retard de règles est-il associé à d’autres symptômes qui me préoccupent ?
Cela permet non seulement de faire le point sur les raisons possibles du retard de règles mais aussi de commencer à collecter les éléments à rapporter à un.e professionnel.le de santé, si besoin.
Attendez quelques jours pour voir si vos règles pointent le bout de leur nez puis poussez les investigations un peu plus loin. Votre cycle menstruel repose sur un équilibre hormonal très fin. Il implique le cerveau, les ovaires et l’utérus. Il suffit qu’un des acteurs soit légèrement perturbé pour que vos menstruations soient retardées.
Quelles peuvent être les causes d’un retard de règles ?
Cause 1 : Une grossesse
La cause la plus fréquente d’un retard de règles, c’est la grossesse ! Si vous êtes sexuellement active, il se peut qu’un spermatozoïde ait réussi à se frayer un chemin vers l’ovule et que la fécondation ait eu lieu. L’embryon s’implante ensuite sur la paroi utérine qui n’est donc pas évacuée : les menstruations sont mises en pause.
Même si vous vous protégez assidûment, le risque 0 n’existe pas. La seule méthode de contraception qui présente un taux d’efficacité de 100 %, c’est l’abstinence.
Si votre retard de règles est associé à d’autres symptômes, cela peut vous mettre sur la piste d’une éventuelle grossesse :
-
une poitrine sensible,
-
une fatigue inhabituelle,
-
des nausées,
-
des envies fréquentes d’uriner,
-
de légers saignements d’implantation (parfois confondus avec des règles courtes).
Si vous vous reconnaissez, le premier réflexe est de réaliser un test de grossesse urinaire, disponible en pharmacie ou en grande surface. Notez que ces tests ne sont pas fiables à 100 % : dans le cas d’un test positif ou d’un doute persistant, n’hésitez pas à réaliser une prise de sang, puis à consulter un.e médecin ou gynéco de confiance.
Cause 2 : le stress
On le sous-estime souvent, mais le stress est un grand perturbateur du cycle menstruel. Et pas besoin d’être en burn-out complet pour que votre corps tire un peu la sonnette d’alarme.
En coulisses, votre cycle est orchestré par un système hormonal très précis qu’on appelle l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. En résumé : votre cerveau envoie des signaux hormonaux à vos ovaires pour déclencher l’ovulation… puis les règles.
Quand le stress débarque dans l’équation, tout ce petit monde peut être légèrement chamboulé.
Pourquoi ? Parce que le stress augmente la production de cortisol, l’hormone qui vous aide à gérer les situations de tension. Sauf que lorsqu’elle est présente en trop grande quantité, elle peut perturber les hormones qui pilotent l’ovulation.
Résultat possible : votre corps décide tout simplement de retarder l’ovulation. Et si l’ovulation est décalée, donc les règles le sont aussi.
Concrètement, cela peut se traduire par :
-
une ovulation plus tardive que d’habitude,
-
un cycle un peu plus long,
-
des règles qui arrivent avec quelques jours de retard,
-
parfois même un cycle sans règles.
Et rassurez-vous : c’est beaucoup plus fréquent qu’on ne le pense.
Les situations de stress qui peuvent jouer sur votre cycle sont très variées :
-
une grosse période de travail,
-
des examens,
-
une rupture ou un événement émotionnel fort,
-
un déménagement,
-
un changement important dans votre vie.
Votre corps est très sensible à ces variations d’environnement.
Le stress chronique est associé à des cycles menstruels plus irréguliers. La bonne nouvelle, c’est que ce phénomène est généralement réversible : lorsque la pression redescend, le cycle reprend souvent son rythme habituel.
Moralité : si vos règles sont un peu en retard après une période intense, il est possible que votre corps vous demande simplement… de lever un peu le pied.
Cause 3 : les changements de mode de vie
Votre cycle menstruel est un peu comme une boussole interne : il réagit assez vite aux changements dans votre quotidien. Certains bouleversements, même positifs, peuvent donc décaler légèrement l’arrivée des règles.
Par exemple, les voyages et le décalage horaire peuvent perturber votre rythme biologique. Votre corps fonctionne en effet selon une horloge interne (el famoso rythme circadien) qui influence aussi la production hormonale. Un long vol, un changement de fuseau horaire ou plusieurs nuits écourtées peuvent suffire à chambouler un cycle.
Autre facteur possible : l’activité physique très intense. Faire du sport est évidemment excellent pour la santé, mais lorsqu’il devient très exigeant (entraînement quotidien, sports d’endurance, préparation de compétition) le corps peut interpréter cela comme une forme de stress physique.
Chez certaines sportives, cela peut entraîner :
-
une ovulation plus tardive,
-
des cycles plus longs,
-
parfois même une absence de règles temporaire (ce qu’on appelle l’aménorrhée).
Les variations de poids importantes peuvent aussi influencer la fertilité et le cycle menstruel. Une perte de poids rapide, une prise de poids significative ou une masse grasse très basse peuvent perturber les hormones reproductives et empêcher l’ovulation de se produire normalement. Écoutez les témoignages d’athlètes, ce sont elles qui en parlent le mieux !
Enfin, les changements alimentaires importants, et notamment les restrictions caloriques très strictes, peuvent également jouer sur l’équilibre hormonal.
Encore une fois, l’idée n’est pas de vous inquiéter au moindre changement. Mais si votre corps vit plusieurs bouleversements en même temps (stress + sport intense + fatigue par exemple), il est assez logique que le cycle mette un peu plus de temps à se synchroniser.
Cause 4 : la contraception ou les changements hormonaux
Votre cycle est aussi très sensible aux variations hormonales, et la contraception peut parfois expliquer un retard de règles.
C’est particulièrement fréquent lorsqu’on commence ou qu’on arrête une contraception hormonale : pilule, implant, patch sont tous logés à la même enseigne.
Après l’arrêt de la pilule par exemple, votre corps doit reprendre le pilotage naturel de l’ovulation. Et ce redémarrage peut prendre quelques semaines, voire quelques mois chez certaines femmes.
D’autres périodes de la vie hormonale peuvent également expliquer un retard de règles :
-
le post-partum, après une grossesse,
-
l’allaitement, qui modifie certaines hormones,
-
la périménopause, lorsque les cycles deviennent naturellement plus irréguliers, avant la ménopause.
Dans ces cas-là, les variations de cycle sont généralement tout à fait normales.
Cause 5 : certains troubles médicaux
Plus rarement, un retard de règles peut être lié à un trouble médical sous-jacent. Ce n’est pas la cause la plus fréquente, mais c’est une piste à explorer si les cycles restent très irréguliers sur la durée.
Parmi les causes possibles, on retrouve notamment le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Ce trouble hormonal relativement fréquent peut entraîner :
-
des cycles longs,
-
des règles espacées,
-
une ovulation irrégulière.
Les troubles de la thyroïde peuvent également jouer sur le cycle menstruel, et ces dysfonctions concernent au moins 2 % de la population française selon la Haute Autorité de Santé (HAS). Une hypothyroïdie (thyroïde trop lente) ou une hyperthyroïdie (thyroïde trop active) peuvent perturber l’équilibre hormonal et modifier la régularité des règles.
Autre cause plus rare : l’hyperprolactinémie, c’est-à-dire un taux de prolactine trop élevé. Cette hormone, impliquée notamment dans l’allaitement, peut dans certains cas bloquer l’ovulation.
Enfin, certains médicaments, certaines maladies chroniques ou d’autres déséquilibres hormonaux peuvent aussi influencer le cycle.
Pas de panique pour autant : ces situations restent minoritaires. Mais si vos règles sont souvent très espacées, absentes pendant plusieurs mois ou accompagnées d’autres symptômes inhabituels, il peut être utile d’en parler à un professionnel de santé.
Savoir réagir face à un retard de règles
Les premiers réflexes pour gérer un retard de règles
Si vos règles ont quelques jours de retard, pas besoin de courir immédiatement chez le médecin. Dans la grande majorité des cas, il s’agit simplement d’un petit décalage du cycle, lié à un changement récent dans votre quotidien.
Si vous avez eu des rapports sexuels récemment, le premier réflexe reste de faire un test de grossesse. C’est rapide, accessible et cela permet souvent d’éliminer la première cause possible d’un retard de règles.
Ensuite, laissez un peu de temps à votre corps. Un cycle peut facilement se décaler de quelques jours, parfois même une semaine, sans que cela ne soit inquiétant.
Qui consulter en cas de retard de règles de plus d’une semaine ?
En revanche, si la situation se répète ou si quelque chose vous semble vraiment inhabituel, il ne faut pas hésiter à consulter.
Par exemple, un avis médical est utile si :
-
vos règles sont absentes pendant plusieurs cycles,
-
vos cycles deviennent très irréguliers alors qu’ils ne l’étaient pas avant,
-
vous avez des douleurs importantes,
-
vous observez des saignements inhabituels.
Dans ce cas, plusieurs professionnels peuvent vous accompagner : votre médecin généraliste, une sage-femme ou un gynécologue.
Le but n’est pas forcément de lancer une batterie d’examens, mais simplement de comprendre ce qui se passe dans votre corps. Parfois, une discussion suffit. Dans d’autres cas, on peut proposer quelques explorations simples comme une prise de sang hormonale ou une échographie.
Mais gardez une chose en tête : un retard de règles ponctuel est extrêmement fréquent. Le cycle menstruel est sensible à plein de petites choses du quotidien.
L’important, c’est surtout d’apprendre à observer votre corps, repérer vos habitudes et écouter les signaux qu’il vous envoie. Et ça, c’est déjà un super premier pas pour prendre soin de votre santé hormonale.
Pour aller plus loin dans la connaissance de votre cycle, on vous a concocté une sélection de 5 livres supers sur le sujet. Testés et approuvés par l’équipe !
en/en/You will surely like it
Cure PMS Serenity
Cure flore intime
Le Bisou