Violences obstétriques : reconnaître, nommer et avancer après le traumatisme
Di Coline Levin
|
Riassumi questo articolo con un'IA
Enceinte, vous pensiez accoucher sereinement. À la place, vous avez vécu un moment difficile, où vous ne vous sentiez pas entendue, respectée, ni libre de vos choix. Vous vous demandez si ce que vous avez vécu était normal, ou si vous avez vraiment le droit d'en parler.
Bonne nouvelle : oui, vous avez le droit. Et ce que vous avez vécu a un nom : les violences obstétriques.
Chez Puissante, on le sait, parler des tabous c'est notre spécialité. Et les violences obstétriques en sont un ÉNORME. Des milliers de femmes les subissent chaque année en silence, en culpabilité, en doutant de leur légitimité à se plaindre. Pourtant, nommer ces violences, c'est reprendre du pouvoir, et c'est aussi permettre qu'elles ne se reproduisent plus.
Alors aujourd'hui, on vous dit tout. Les définitions, les chiffres, les conséquences et surtout : comment avancer.
Ce qu'il faut savoir sur les violences obstétriques
Qu'est-ce qu'une violence obstétrique ?
Les violences obstétriques et gynécologiques (VOG) sont des actes, des paroles, des gestes ou des comportements exercés par un ou plusieurs membres du personnel soignant qui ne respectent pas l'intégrité physique, mentale et sociale d'une femme pendant le suivi gynécologique, une consultation ou un accouchement.
Concrètement, ça peut être :
-
un manque de consentement éclairé : un acte médical réalisé sans vous demander votre accord ou sans vous expliquer ce qui se passe,
-
une absence d'écoute : vos douleurs, vos peurs, vos limites ne sont pas prises en compte,
-
des paroles blessantes : culpabilisation, jugement, remarques sexistes,
-
des gestes irrespectueux : examens vaginaux sans consentement, interventions forcées,
-
une désinformation volontaire : on vous cache ou on vous ment sur vos options,
-
un paternalisme médical : on décide pour vous plutôt que de décider avec vous.
Le média The Conversation explique que ces violences reposent souvent sur une absence totale de consentement libre et éclairé. C'est-à-dire qu'au moment où vous auriez dû pouvoir exprimer votre accord, on ne vous l'a jamais vraiment demandé.
Les chiffres en France
Les chiffres sont alarmants. Selon une étude réalisée par l'Inserm et l'AP-HP en 2021, une femme sur quatre rapporte avoir subi des soins de maternité irrespectueux au cours de son accouchement. C'est énorme. C'est votre voisine, votre meilleure amie, votre cousine.
Et les conséquences ? Elles sont majeures. Cette même étude indique que les femmes ayant subi des soins irrespectueux sont 37 % plus à risque de souffrir de dépression post-partum par rapport à celles ayant reçu des soins respectueux.
Les travaux de recherche montrent aussi que ces violences ne sont pas des cas isolés. Elles sont structurelles, liées à une culture professionnelle dépassée qui perdure dans les maternités françaises.
Des porte-parole qui se lèvent
Pendant longtemps, ces violences ont été invisibles. C'est grâce à des femmes courageuses que les choses bougent.
En 2013, Marie-Hélène Lahaye, une juriste belge, a ouvert son blog Marie accouche là et a permis la libération de la parole des femmes. Rapidement, les hashtags #PayeTonGyneco et #ViolencesObstetricales ont circulé sur les réseaux sociaux. C'est notamment grâce aux mouvements féministes, aux réseaux sociaux et aux médias (on salue la dessinatrice Emma et ses bandes dessinées, ainsi que le documentaire Tu enfanteras dans la douleur réalisé par Ovidie sur Arte) que le concept s'est popularisé en France.
En 2017, l'État français a enfin reconnu le problème en commandant un rapport au Haut Conseil à l'Égalité entre les femmes et les hommes. Ce rapport a mis en lumière le lien entre sexisme et violences obstétriques.
Comment savoir si vous êtes victime d'une violence obstétrique ?
Exemples concrets de violences obstétriques
Pour vous aider à identifier ce qui vous est arrivé, voici des exemples concrets :
En consultation gynécologique :
-
Vous avez eu un examen vaginal sans que le médecin ne vous l'annonce ou vous le demande.
-
Votre professionnel.le de santé a émis un jugement sur votre poids, votre hygiène ou vos choix contraceptifs.
-
Un acte douloureux a été réalisé sans anesthésie, sans raison médicale.
Lors d'un accouchement :
-
L'épisiotomie (incision du périnée) a été pratiquée systématiquement sans votre accord.
-
Des contractions ont été provoquées sans vous en informer.
-
Une césarienne a été programmée sans que ce soit médicalement justifié.
-
On vous a dit « arrête de crier, tu exagères » au lieu de prendre votre douleur en charge.
-
Vous avez été menacée : « si tu n'acceptes pas, tu mets ton bébé en danger ».
-
Vous vous êtes sentie jugée, humiliée ou moquée…
Certains gestes considérés comme banals masquent en réalité une violation de vos droits. Par exemple, une épisiotomie systématique n'a aucune justification médicale selon les études, mais elle est encore largement pratiquée.
Pourquoi c'est important de le nommer
Si vous avez vécu l'une de ces situations, ce n'est pas normal et vous n'y êtes pour rien. Les violences obstétriques ne sont pas dues à « une mauvaise sage-femme » ou « un médecin incompétent ». Elles sont souvent le reflet d'une culture professionnelle patriarcale et d'un système qui n'alloue pas assez de ressources aux maternités (équipes surchargées, pas de formation au respect des patients, hiérarchies rigides).
Nommer ce qui vous est arrivé permet de :
-
vous reconnecter à votre légitime ressenti,
-
comprendre que vous n'êtes pas seule,
-
entamer une démarche de guérison,
-
contribuer au changement systémique.
Qui contacter en cas de violence obstétrique ?
Parler pour légitimer, puis agir
Première étape : parlez-en. À votre partenaire, à une amie, à votre famille. Mettre des mots sur ce qui vous est arrivé est thérapeutique. Ça vous permet aussi de vérifier que votre ressenti est valide (spoiler : il l'est).
Les étapes concrètes pour signaler
-
Consultez un professionnel de santé de confiance : une sage-femme indépendante, une sexologue, un médecin généraliste qui vous écoute sans jugement.
-
Contactez les associations spécialisées :
-
Le Collectif Inter-Associatif Autour de la Naissance (CIANE) : pour plus d'infos et de ressources
-
Le Collectif Stop aux Violences Obstétriques et Gynécologiques : un excellent point de départ
-
Signalez auprès de votre établissement : demandez à parler au responsable qualité de la maternité où vous avez accouché.
-
Engagez des démarches légales si vous le souhaitez :
-
Dépôt de plainte auprès des autorités
-
Recours amiables avec l'hôpital
-
Consultation d'un.e avocat.e spécialisé.e
-
Signalez auprès du Ministère de la Santé : une enquête nationale peut être diligentée
Et surtout : vous n'êtes jamais seule. Des professionnels existent pour vous accompagner dans cette démarche.
Quelles sont les conséquences concrètes des violences obstétriques ?
Perte de confiance dans les professionnels médicaux
Après une violence obstétrique, beaucoup de femmes développent une peur viscérale des professionnels médicaux. Cette peur est totalement justifiée. Vous avez été trahie dans un moment où vous étiez vulnérable. Votre corps a enregistré ce trauma.
Résultat : certaines femmes évitent les consultations médicales, repoussent les dépistages de routine, ou même refusent les soins dont elles auraient besoin.
La bonne nouvelle ? Il existe des listes de praticiens « safe » (sages-femmes, gynécologues, obstétriciens) formés au respect et à l'écoute (communauté du CIANE par exemple). Vous pouvez retrouver votre confiance auprès des bonnes personnes.
Difficultés à se réapproprier son corps
Un corps malmené, c'est un corps qui a été conquis, envahi, violé. Pendant longtemps après une violence obstétrique, beaucoup de femmes ont du mal à se reconnecter à leur corps comme un espace qui leur appartient.
Vous pouvez ressentir :
-
une déconnexion physique (dissociation),
-
une honte de votre corps,
-
une sensation que votre corps « vous a trahie »,
-
des difficultés à vous toucher ou vous faire masser.
Tout cela est normal, et c’est réversible.
L'intimité après les violences obstétriques
La sexualité est souvent la zone zéro après une violence obstétrique. Se mettre à nu à nouveau, c'est se rendre vulnérable, et votre cerveau vous le rappelle à chaque fois.
Vous pouvez ressentir :
-
une peur de la pénétration (voire un vaginisme),
-
une impossibilité à jouir ou à ressentir du plaisir,
-
une baisse drastique de la libido,
-
de l'anxiété avant un rapport sexuel,
-
une culpabilité envers votre partenaire.
Là aussi, il faut du temps, et une aide adaptée.
Soigner son corps après les violences obstétriques
Prendre soin de son corps et de son intimité
Reprendre possession de votre corps, c'est un acte politique de guérison. Voici comment :
-
Le massage : trouvez une thérapeute bienveillante qui travaille le trauma corporel. C'est une excellente façon de réinvestir votre corps en douceur.
-
La sophrologie : cette technique de relaxation profonde permet de reprogrammer les réactions de votre système nerveux face au stress.
-
Le yoga ou la danse : bouger consciemment peut vous aider à réinvestir votre corps.
-
Les bains chauds : simples mais tellement apaisants pour se reconnecter à soi.
L'idée ? Être gentille et patiente avec vous-même.
Les petits produits qui font du bien
Pour vous accompagner dans le chemin de la guérison, vous pouvez aussi investir dans des produits tout doux :
-
Un baume intime hydratant : pour prendre soin de votre vulve, c'est aussi un geste d'apaisement.
-
Une huile de massage : pour les moments d'auto-massage bienveillant.
-
Des bougies parfumées : pour créer un environnement sécurisant et bienveillant.
Ces petits rituels ne sont pas anodins : c’est un retour progressif à l’intimité.
Le sexe à votre rythme
Ici, pas de culpabilité. Votre libido réapparaîtra quand elle le décidera.
-
Ne forcez rien : vous n'avez aucune obligation de « revenir à la normale »
-
Pas de pénétration si vous ne la sentez pas : il existe mille autres façons de faire l'amour.
-
Communiquez clairement avec votre partenaire : dites-lui ce qui vous fait peur, ce qui vous ferait du bien.
-
Envisagez une thérapie de couple si c'est difficile pour votre relation.
-
Consultez une sexologue pour reprendre confiance progressivement.
La sexualité est un droit, pas une obligation : faites comme vous le sentez !
Chez Puissante, on le crie haut et fort : vous méritez des soins respectueux, bienveillants et dignes. Si vous avez vécu une violence obstétrique, n'hésitez pas à parler, à vous faire accompagner et à reprendre le pouvoir sur votre bien-être. Vous n'êtes jamais seule.
it/it/
Coline Levin
Potrebbe interessarti anche
Cura per la libido e la lubrificazione
Lubrificante intimo a base d'acqua