Dépression post-partum : reconnaître les symptômes et trouver de l'aide
By Coline Levin
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Vous venez d'accoucher. On attend de vous que vous vous sentiez heureuse, rayonnante, comblée. Et pourtant, vous vous sentez vide, fatiguée, triste. Vous avez l'impression d'être une mauvaise mère. Vous vous demandez si c'est normal et vous culpabilisez de ne pas ressentir la joie qu'on vous a promise.
Bienvenue dans la réalité de la dépression post-partum.
Chez Puissante, on parle de tous les sujets qu'on cache encore sous le tapis. Quand ça touche à la santé mentale, c’est encore plus important. La dépression post-partum, ce n'est pas une faiblesse, ce n'est pas une fatalité, et ce n'est surtout pas quelque chose dont il faut avoir honte. C'est une complication médicale réelle, fréquente, et surtout, traitable.
Aujourd'hui, on vous explique tout ce qu'il faut savoir sur la dépression post-partum : comment la reconnaître, pourquoi elle survient, et surtout, comment s'en sortir.
La dépression post-partum en chiffres
Avant de rentrer dans les détails, parlons des chiffres. Parce que oui, vous n'êtes pas seule.
Selon l'Agence Régionale de Santé Île-de-France, la dépression post-partum touche entre 10 et 20 % des femmes après un accouchement. Cela veut dire qu'une femme sur 5 à une femme sur 10 va vivre une dépression post-partum. Si vous êtes dans une salle d'attente avec 10 femmes en post-partum, il y a de fortes chances qu'au moins une d'entre elles traverse cette épreuve.
Pourtant, seule la moitié de ces femmes est dépistée par un professionnel de santé. Les autres souffrent en silence, se blâment elles-mêmes, pensent qu'elles sont les seules à vivre ça.
Selon l'UNICEF, la dépression du post-partum est une complication sérieuse du post-partum qui mérite une prise en charge appropriée. C'est un enjeu de santé publique majeur, reconnu comme tel par les autorités françaises de santé.
Pourquoi ces chiffres importent ? Parce que si vous vous sentez mal après votre accouchement, il y a 1 chance sur 2 à 1 chance sur 10 que ce soit la dépression post-partum. C'est une information qui peut vous sauver la vie.
Dépression post-partum vs baby-blues : ne pas confondre
Avant d'aller plus loin, il faut clarifier quelque chose d'important. La dépression post-partum ce n'est pas le baby-blues. Ce sont deux choses complètement différentes.
Le baby-blues : un passage normal
Selon les MSD Manuals, les symptômes dépressifs transitoires (« baby blues ») sont très fréquents pendant la première semaine après l'accouchement. Le baby-blues apparaît généralement 2 à 3 jours après l'accouchement (jusqu'à 2 semaines maximum) et est relativement modéré.
Vous avez une humeur instable, vous êtes anxieuse, irritable, vous pleurez facilement. Vous avez des difficultés à dormir (en plus de l'insomnie liée au nouveau-né) et vous avez des plaintes physiques : mal à la tête, douleurs musculaires, etc.
La bonne nouvelle : le baby-blues disparaît spontanément en 15 jours maximum. Vous n'avez besoin d'aucun traitement, juste du repos, du soutien et du temps.
La dépression post-partum : quand ça dépasse le baby-blues
La dépression post-partum, elle, c'est différent. La dépression du post-partum dure plus de 2 semaines et est invalidante, perturbant les activités de la vie quotidienne.
Voici les différences clés pour reconnaître une dépression post-partum :
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Timing : La dépression post-partum survient généralement 2 à 8 semaines après l'accouchement, mais on l'observe jusqu'à un an après la naissance.
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Durée : Contrairement au baby-blues qui disparaît en 15 jours, la dépression post-partum persiste. Sans traitement, elle peut durer plusieurs mois, voire des années.
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Intensité : Les symptômes sont beaucoup plus intenses et invalidants.
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Impact : La dépression post-partum affecte votre capacité à fonctionner au quotidien, à vous occuper de votre bébé, à interagir avec votre entourage.
Reconnaître la dépression post-partum : les symptômes
La dépression du post-partum se présente de manière très variable d'une femme à l'autre. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles elle est souvent sous-diagnostiquée. Voici les symptômes à surveiller :
Les symptômes émotionnels et psychologiques
Les symptômes de la dépression post-partum peuvent inclure :
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La tristesse persistante et extrême : Vous vous sentez vide, triste, sans raison apparente. Cette tristesse ne disparaît pas avec du repos ou du soutien.
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L'auto- dévalorisation et la culpabilité : C'est un des symptômes centraux. Vous pensez que vous êtes une mauvaise mère, que vous ne méritez pas votre bébé, que vous êtes un échec. La culpabilité est omniprésente.
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La perte de plaisir : Rien ne vous fait plaisir. Les choses que vous aimiez avant l'accouchement vous laissent indifférente. Vous ne ressentez pas la joie d'être mère que vous aviez imaginée.
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L'anxiété intense : Selon l'UNICEF, ce qu'il faut retenir sur la dépression du post-partum, c'est qu'il ne s'agit pas d'un simple sentiment de tristesse. Elle se caractérise souvent par une anxiété intense. L'anxiété est souvent au premier plan, même avant les symptômes dépressifs.
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Les phobies d'impulsion : C'est un symptôme fréquent et très angoissant. Vous avez des pensées intrusives : crainte de faire du mal à votre bébé, de le jeter, de ne pas le rattraper s'il tombe. Les mères peuvent développer des phobies d'impulsion (peur de commettre un acte irréversible envers elles-mêmes ou leur enfant). Important à savoir : ces pensées ne signifient pas que vous êtes dangereuse. Ce n'est pas un symptôme de gravité. C'est une manifestation de l'anxiété. Beaucoup de femmes souffrent de ces pensées et ne font jamais de mal à leur enfant.
Les symptômes physiques et comportementaux
Les symptômes physiques incluent :
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Les troubles du sommeil : Vous ne pouvez pas dormir, même quand votre bébé dort. L'impossibilité de dormir même lorsque le bébé dort est un signe d'alerte important. Si on est épuisé(e) mais qu'on reste éveillé(e) parce que nos pensées se bousculent, cela signifie que notre cerveau est en train de nous jouer des mauvais tours. Vous avez des difficultés à vous endormir, vous vous réveillez la nuit sans raison, ou vous avez un sommeil très léger et agité.
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La fatigue extrême : Vous êtes épuisée. Pas la fatigue normale du post-partum, mais une fatigue profonde, où vous avez l'impression de traîner votre corps.
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Les troubles de l'appétit : Vous n'avez pas faim, ou au contraire, vous mangez compulsivement. Certaines femmes perdent du poids rapidement.
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Le ralentissement psychomoteur : Vous bougez au ralenti, vous avez l'impression que tout vous demande un effort énorme. Même les gestes simples semblent impossibles.
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Les symptômes somatiques : Vous avez des maux de tête, des douleurs musculaires, des problèmes digestifs, une sensation générale de malaise. La dépression du post-partum se caractérise par des changements significatifs de poids ou d'appétit, des perturbations importantes du sommeil, une fatigue intense et persistante, et une difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions.
Les symptômes spécifiques à la dépression post-partum
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La perte d'estime du maternage : Vous doutez de votre capacité à être mère. Vous pensez que vous n'êtes pas assez bonne, que vous ne saurez jamais comment faire.
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L'anxiété centrée sur le bébé : Les personnes souffrant de dépression du post-partum sont tellement inquiètes que cela les empêche de profiter de leur bébé et de la vie. Vous avez des inquiétudes excessives sur la santé de votre bébé, sur votre capacité à le nourrir, le protéger.
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L'indifférence envers le bébé ou l'entourage : Dans les formes plus sévères, vous pouvez ressentir une indifférence totale envers votre bébé et votre entourage. C'est un symptôme qui fait très peur aux femmes, mais c'est un symptôme dépressif, pas un manque d'amour.
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Difficulté à créer des liens d'attachement : La dépression du post-partum se caractérise par une difficulté à créer des liens d'attachement avec son enfant et des doutes sur sa capacité à prendre soin de soi et de son bébé.
Si vous avez au moins 5 de ces symptômes depuis au moins 2 semaines, et que ces symptômes vous causent une détresse ou affectent votre fonctionnement, il est important de consulter un professionnel de santé.
Les causes de la dépression post-partum : un modèle bio-psycho-social
La dépression post-partum n'apparaît pas par hasard. Selon une étude publiée dans la revue scientifique La Lettre du Gynécologue, la dépression post-partum résulte d'une combinaison de facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
Les facteurs biologiques et hormonaux
Les changements hormonaux : Le post-partum est une période de remaniement hormonal majeur. Les niveaux d'œstrogène et de progestérone chutent drastiquement après l'accouchement. D'autres hormones changent aussi : la prolactine (pour l'allaitement), le cortisol (l'hormone du stress). Ces changements hormonaux influencent directement votre humeur et votre bien-être mental.
Létiologie exacte de la dépression du post-partum est inconnue, cependant une dépression antérieure est un risque majeur, ainsi que des modifications hormonales pendant la période puerpérale, la privation de sommeil et une prédisposition génétique peuvent y contribuer.
L'hypothyroïdie : Une thyroïde qui fonctionne mal peut causer une dépression post-partum. C'est pour ça qu'il est important de faire tester votre thyroïde après l'accouchement.
La vulnérabilité génétique : Si vous avez des antécédents familiaux de dépression ou de troubles bipolaires, vous êtes à plus haut risque.
Les facteurs psychologiques
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Les antécédents personnels de dépression : Si vous avez déjà eu une dépression avant, pendant la grossesse, ou après une grossesse précédente, le risque est beaucoup plus élevé. Un épisode antérieur de dépression du post-partum est un facteur de risque majeur.
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Un baby-blues sévère : Un baby-blues qui dure plus longtemps ou qui est plus intense peut évoluer vers une dépression post-partum.
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La vulnérabilité psychique : Le post-partum est une période de grande vulnérabilité psychique. Vous êtes confrontée à de nouveaux rôles sociaux et familiaux. L'enfant que vous avez imaginé pendant la grossesse n'est pas celui que vous avez eu. Il faut faire le deuil de cet enfant imaginaire et accueillir l'enfant réel. Ça peut faire peur dit comme ça, mais c’est un processus tout à fait normal.
Les facteurs socio-économiques
Les facteurs de risque socio-économiques incluent :
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L'isolement social : Si vous êtes isolée, sans soutien familial ou amical, le risque augmente.
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Les conflits conjugaux : Une relation de couple difficile ou des conflits avec votre partenaire augmentent le risque.
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Un niveau socio-économique bas : Les difficultés financières augmentent le stress et le risque de dépression.
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L'âge maternel extrême : Être très jeune ou très âgée au moment de l'accouchement augmente le risque.
Les facteurs obstétricaux
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Une grossesse non désirée : Si votre grossesse n'était pas prévue, le risque augmente. Les MSD Manuals mentionnent l'ambivalence antérieure ou actuelle au sujet de la grossesse (par exemple, car elle n'était pas planifiée ou parce qu'une interruption a été envisagée ou que vous avez déjà vécu une grossesse arrêtée) comme facteur de risque.
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Des antécédents obstétricaux difficiles : Une fausse couche précédente, une mort in utero, une malformation fœtale, un accouchement prématuré : tous ces événements traumatiques augmentent le risque.
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Une grossesse ou un accouchement compliqué : Une prééclampsie, un diabète gestationnel, un accouchement difficile ou une complication du post-partum (hémorragie, infection) augmentent le risque. En post-partum, votre corps a besoin de soins spécifiques. Consultez notre article dédié pour en savoir plus.
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Des problèmes de santé du bébé : Si votre bébé a des problèmes de santé, est hospitalisé, ou est prématuré, le stress et l'anxiété augmentent le risque de dépression.
Pourquoi la dépression post-partum est-elle sous-diagnostiquée ?
La dépression post-partum est souvent sous-diagnostiquée pour plusieurs raisons.
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D'abord, les formes atypiques sont fréquentes. Vous pouvez avoir une dépression masquée par des symptômes somatiques. Vous venez voir votre médecin pour des maux de tête ou des douleurs musculaires, pas pour parler de votre humeur.
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Deuxièmement, il est difficile pour les femmes de demander de l'aide. Il y a la culpabilité ("je ne devrais pas me plaindre, j'ai un bébé en bonne santé"), il y a la peur du jugement ("on va penser que je suis une mauvaise mère"), il y a la stigmatisation ("les gens vont croire que je suis folle").
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Troisièmement, l'attention se porte sur le bébé, pas sur la mère. Les professionnels de santé, l'entourage, tout le monde se concentre sur le nouveau-né. La mère, elle, est souvent invisible.
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Quatrièmement, beaucoup de professionnels de santé ne sont pas formés au dépistage de la dépression post-partum. Ils ne posent pas les bonnes questions, ils ne connaissent pas les symptômes atypiques.
C'est pour ça qu'il est crucial que vous connaissiez les symptômes et que vous osiez en parler, même si vous avez honte, même si vous avez peur.
Dépister la dépression post-partum : l'échelle EPDS
Pour aider au dépistage, les professionnels de santé utilisent un outil : l'EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale).
Selon l'ARS Île-de-France, l'EPDS est un questionnaire auto-administré comportant 10 questions et permet d'évaluer les risques de dépression post-partum en fonction d'un score. L'EPDS est particulièrement utile pour les professionnels de santé de première ligne, comme les gynécologues, les sage-femmes, les pédiatres ou les travailleurs sociaux, qui ne sont pas nécessairement spécialisés en santé mentale.
Chaque question est notée de 0 à 3 points, pour un total de 30 points. Un score supérieur à 12 suggère une dépression post-partum et justifie une consultation avec un spécialiste pour un diagnostic confirmé.
La version française de l'EPDS est disponible en ligne et vous pouvez la faire vous-même. Si vous avez des doutes, faites ce test et montrez-le à votre médecin.
Les conséquences de la dépression post-partum
Si vous pensez que la dépression post-partum, c'est juste "un coup de blues qui va passer", il faut que vous sachiez à quel point c'est grave.
Le risque suicidaire
C'est la complication la plus grave. Selon une étude publiée dans La Lettre du Gynécologue, le risque suicidaire est multiplié par 6 chez les femmes déprimées en post-partum par rapport aux femmes du même âge.
La santé mentale périnatale est un enjeu majeur de santé publique, renforcé par les conclusions des enquêtes nationales sur les morts maternelles, soulignant la fréquence des suicides maternels. C'est un enjeu de santé publique majeur.
Si vous avez des pensées suicidaires, appelez immédiatement le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ou allez aux urgences. Votre vie a de la valeur. Votre bébé a besoin de vous.
L'impact sur le lien mère-enfant
La qualité des premiers échanges mère-bébé est primordiale pour le devenir psychique de l'enfant. Si vous êtes déprimée, vous êtes souvent moins attentive, moins réactive. Cela peut perturber l'attachement de votre bébé et créer un attachement insécure.
L'enfant peut alors développer des troubles du sommeil, des troubles de l'alimentation, une nervosité, des difficultés de séparation, et un développement psychomoteur perturbé.
Les conséquences à long terme sur l'enfant
En l'absence de traitement, la dépression post-partum peut entraîner des troubles du développement cognitif, affectif, social chez l'enfant, des difficultés relationnelles mère-enfant.
C'est pour ça que traiter la dépression post-partum, ce n'est pas juste pour vous, c'est aussi pour votre enfant.
Le risque de récurrence
Selon les MSD Manuals, le risque de récidive est d'environ 1 sur 3 à 4. C'est important à savoir si vous envisagez d'autres enfants.
Comment traiter la dépression post-partum
Le soutien psychologique
Pour toutes les femmes déprimées, un soutien psychologique est indispensable. Cela peut être :
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Une psychothérapie : Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) ou une autre forme de psychothérapie a montré une efficacité similaire à celle des antidépresseurs. Vous pouvez consulter un psychologue ou un psychiatre.
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Un soutien émotionnel : Parler à quelqu'un de confiance, à un ami, à un membre de la famille. Le simple fait de verbaliser ce que vous ressentez peut vous aider.
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Une éducation : Comprendre que vous n'êtes pas seule, que c'est une maladie réelle, que ce n'est pas de votre faute. Cela peut déjà vous soulager.
Les traitements antidépresseurs
Certains antidépresseurs, en particulier les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS), sont efficaces dans la dépression post-partum. Selon l'étude de la Lettre du Gynécologue :
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les effets indésirables sont modestes,
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l'instauration du traitement peut se faire en ambulatoire (pas besoin d'hospitalisation),
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les effets peuvent être observés au bout de 2 semaines, mais 1 mois est souvent nécessaire pour évaluer la réponse thérapeutique,
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Important : Si vous allaitez, votre médecin vous conseillera sur les options adaptées à votre situation.
Le soutien du conjoint et de l'entourage
L'implication du conjoint et de l'entourage est primordiale. Votre partenaire doit comprendre ce que vous traversez, vous soutenir, vous aider avec les tâches quotidiennes et le bébé. L'entourage doit aussi être informé et mobilisé.
La prise en charge sociale
Souvent, la dépression post-partum est liée à des difficultés sociales ou économiques. Une prise en charge sociale peut être nécessaire : aide aux tâches ménagères, aide financière, aide pour les démarches administratives.
L'hospitalisation en cas de gravité
Si votre dépression est très sévère, si vous avez un risque suicidaire, ou si vous avez des pensées délirantes, une hospitalisation peut être nécessaire. Idéalement, cette hospitalisation se fait en unité mère-enfant pour préserver le lien entre vous et votre bébé.
Les solutions naturelles et complémentaires
Au-delà du traitement médical, il existe des solutions naturelles qui peuvent vous aider à rééquilibrer votre corps et votre mental après l'accouchement :
L'alimentation
Votre alimentation influence votre humeur. Privilégiez :
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Les acides gras oméga-3 (poisson, noix, graines de lin) : essentiels pour la santé cérébrale
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Les aliments riches en magnésium (légumes verts, chocolat noir, amandes) : aide à réguler l'humeur et le stress
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Les aliments riches en vitamine D (poisson gras, œufs, exposition au soleil) : important pour la dépression
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Les aliments probiotiques (yaourt, kéfir, choucroute) : le microbiote intestinal influence l'humeur
La supplémentation
Une cure de post-partum bien adaptée peut vous aider à combler les carences courantes après l'accouchement et à soutenir votre équilibre émotionnel. Nous avons créé une cure spécialement pensée pour accompagner votre récupération post-partum, avec des nutriments essentiels pour votre bien-être mental et physique.
Le repos et le sommeil
Le sommeil est crucial pour votre santé mentale. Essayez de dormir quand votre bébé dort, même en journée. Demandez à votre partenaire ou à un proche de prendre le bébé une nuit pour que vous puissiez dormir sans interruption.
Le mouvement et l'activité physique
L'activité physique, même douce, peut aider à soulager la dépression. Une marche quotidienne, du yoga post-partum, de la danse : tout compte. Commencez doucement et augmentez progressivement.
La gestion du stress
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La méditation ou la pleine conscience
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La respiration profonde
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Le yoga
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L'écriture thérapeutique
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Le temps dans la nature
Trouvez ce qui vous fait du bien !
Le soutien social
Rejoignez un groupe de mamans, parlez à d'autres femmes qui ont traversé la dépression post-partum. Vous réaliserez que vous n'êtes pas seule, et que beaucoup de femmes s'en sont sorties.
Prévention : agir avant que ce ne soit trop tard
Si vous avez des facteurs de risque (antécédents de dépression, isolement social, difficultés conjugales, etc.), la prévention est clé.
Depuis 2005, dans le cadre du plan périnatalité, les femmes enceintes peuvent bénéficier au quatrième mois de grossesse d'un entretien non médical permettant une évaluation. Cet entretien permet d'identifier les femmes à risque et de mettre en place un suivi attentif.
L'UNICEF souligne que la psychoéducation permet de mettre au point des stratégies d'adaptation, de gérer le stress et de créer des réseaux d'entraide, autant d'outils utiles pour prévenir la dépression du post-partum. Il s'agit d'acquérir des connaissances sur la santé mentale et le bien-être.
Vous pouvez aussi :
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Parler à votre médecin ou sage-femme de vos facteurs de risque
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Mettre en place un plan de soutien avant l'accouchement (qui va vous aider ? comment ?)
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Vous préparer psychologiquement à la transition vers la maternité
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Renforcer votre réseau social
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Gérer les conflits conjugaux avant l'accouchement
Que faire si vous pensez avoir une dépression post-partum
Voici les étapes concrètes :
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Reconnaître les symptômes : Si vous avez au moins 5 des symptômes décrits plus haut depuis au least 2 semaines, il est probable que vous ayez une dépression post-partum.
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En parler : Parlez à votre médecin généraliste, votre gynécologue, votre sage-femme, ou votre psychiatre. Si vous avez du mal à en parler en consultation, écrivez vos symptômes sur un papier et donnez-le à votre médecin.
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Faire le test EPDS : Demandez à faire le test EPDS. Un score supérieur à 12 justifie une consultation avec un spécialiste.
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Consulter un spécialiste : Un psychiatre ou un psychologue spécialisé en périnatalité peut faire un diagnostic confirmé et proposer un traitement adapté.
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Mettre en place un plan de traitement : Psychothérapie, antidépresseurs, soutien social, supplémentation : ensemble, vous allez définir ce qui vous convient.
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Vous entourer : Impliquez votre partenaire, votre famille, vos amis. Vous ne pouvez pas vous en sortir seule, et ce n'est pas grave.
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Être patient.e : La dépression post-partum se traite, mais ça prend du temps. Comptez au minimum plusieurs semaines pour commencer à vous sentir mieux.
Le mot de la fin
La dépression post-partum est une complication réelle, fréquente, et complètement traitable. Si vous pensez en souffrir, vous n'êtes pas une mauvaise mère. Vous n'êtes pas faible. Vous n'avez rien fait de mal. Vous avez juste besoin d'aide.
Osez demander de l'aide. Osez en parler. Osez vous soigner.
Votre vie a de la valeur. Votre bien-être a de l'importance, et votre bébé a besoin d'une mère épanouie et en bonne santé.
Vous méritez d'aller bien. Vraiment.
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