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Retour sur l’histoire du préservatif masculin

Par Coline Levin

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Retour sur l’histoire du préservatif masculin - Puissante Image

Récemment, on est tombé sur un rapport plutôt alarmant de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Il semblerait que le préservatif soit de moins en moins utilisé en France et que les ados ne voient plus vraiment l’intérêt de se protéger… 

⅓ des ados (garçons et filles) déclarent ne pas avoir utilisé de contraceptif lors de leur dernier rapport. 

Le taux d’utilisation des préservatifs ne cesse d’ailleurs de diminuer ces dix dernières années. La cause ? La recherche de “meilleures sensations” et le manque de connaissances. Et le résultat ? Une augmentation du taux d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses non désirées. Grrr.

Pour rappel, le préservatif est le seul moyen contraceptif qui protège des IST : il est essentiel d’en avoir toujours dans votre table de chevet, on ne sait jamais.  

On s’est donc penché sur l’histoire de ce merveilleux accessoire et vous donne au passage quelques tips pour bien choisir le vôtre. 

L’histoire du préservatif masculin

Les premières traces du préservatif masulin 

L’histoire du préservatif ne commence pas du tout au XXème siècle. Elle remonte à l’Antiquité, voire bien avant. Les premières traces de solutions de protection du pénis ont été découvertes chez les Egyptiens (6000 av. J-C.). À ce stade, l’objectif n’est pas encore vraiment le confort ni même la contraception (dont on se fiche un peu), mais plutôt la peur des infections. 

En Europe, les premières représentations connues du préservatif apparaissent entre 100 et 200 après J-C, dans les grottes des Combarelles (en France !!) où une scène semble montrer un pénis “protégé”. 

En Asie, les usages se diversifient très tôt : au Xème siècle, les Chinois utilisent du papier de soie huilé, tandis que les Japonais inventent des versions en cuire ou en écaille de tortue, appelées Kabuta-Gata. 

Bref, on est encore très loin des modèles en latex et des distributeurs automatiques, mais l’idée est déjà là : se protéger, contrôler les maladies, et parfois, accessoirement, contrôler les naissances. 

Les scientifiques qui ont fait avancer la recherche

Au XVIe siècle, le chirurgien italien Gabriel Fallopio (oui, le même Fallopio des trompes de Fallope) est l'un des premiers à décrire sérieusement un préservatif à visée médicale.

Dans son ouvrage publié en 1564, il parle d'un fourreau d'étoffe légère, conçu pour protéger de la syphilis, alors surnommée la "maladie française" (c'est vrai que c'était un peu la honte d'avoir ça, à l'époque). Son travail marque un tournant majeur : pour la première fois, le préservatif n'est plus seulement un objet pratique ou artisanal, il devient un sujet d'étude scientifique.

Un siècle plus tard, le biologiste Lazzaro Spallanzani fait lui aussi avancer les choses grâce à ses expériences sur la reproduction. En testant de petits "caleçons" de lin ciré sur des grenouilles mâles (ne me demandez pas comment on en arrive là), il montre que la fécondation dépend bien du contact direct entre semence mâle et ovule.

En clair, il aide à comprendre que le préservatif peut aussi être un outil contraceptif, et pas uniquement une barrière contre les maladies. Ces deux chercheurs posent donc les bases d'un double usage qui reste encore aujourd'hui au cœur du préservatif : protéger des IST et éviter une grossesse.

L'apparition du préservatif tel qu'on le connaît

Pendant longtemps, le préservatif reste fabriqué en matière animale (boyaux de mouton, vésicules animales…), peu confortable, parfois réutilisable, et franchement loin du glamour. 

Le grand basculement arrive au XIXe siècle avec l'invention de la vulcanisation du caoutchouc par Charles Goodyear en 1839. C'est une vraie révolution ! Grâce au caoutchouc vulcanisé, les préservatifs deviennent plus solides, plus élastiques et beaucoup plus faciles à produire en masse.

Puis, vers 1880, apparaissent les premiers modèles en latex, qui se démocratisent vraiment à partir des années 1930 grâce à l'industrialisation. C'est à peu près à la même époque que les préservatifs commencent à être lubrifiés d'usine, ce qui change pas mal de choses niveau confort et efficacité.

Au XXe siècle, le préservatif entre dans une nouvelle ère : production de masse, modèles lubrifiés, versions colorées, parfumées, texturées, et même apparition du préservatif féminin. Les fabricants comprennent enfin que la sexualité, ça peut aussi être fun et agréable.

Mais c'est vraiment dans les années 1980, avec l'épidémie de sida, que le préservatif devient un outil central de santé publique. Il s'impose comme le symbole de la prévention sexuelle et entre enfin dans les conversations publiques, malgré tous les tabous.

Depuis, le préservatif qu'on connaît aujourd'hui s'est perfectionné : usage unique, matériaux sans latex, tailles variées, textures, design, meilleur confort. On est passé d'un bricolage en boyau animal à un objet de prévention high-tech, normé et beaucoup plus friendly.

Nos conseils pour bien choisir votre préservatif masculin

Choisir la bonne taille de préservatif

La taille, c'est vraiment pas du détail.

Trop serré, le préservatif peut être inconfortable ou plus fragile. Il risque même de se déchirer. Trop large, il va glisser ou se dérouler pendant le rapport. Bref, trouver la bonne taille, c'est LA base.

La bonne nouvelle ? C'est plus facile qu'on ne le croit. Faites attention à la largeur nominale : c'est l'indication la plus utile sur l'emballage. Elle va permettre de trouver un modèle vraiment adapté à votre morphologie, bien plus efficacement que les mentions génériques du type "standard" ou "XL" qui ne veulent rien dire.

Et puis, pour trouver le bon préservatif, il faut souvent en essayer plusieurs. Ce n'est pas parce qu'un modèle ne convient pas que "les préservatifs, ce n'est pas pour moi" ou "c'est trop serré". Non, ça veut juste dire que ce modèle-là n'est pas le bon. Allez-y sans culpabilité, testez, demandez conseil en pharmacie si vous êtes mal à l'aise. Les pharmaciens en ont vu d'autres, croyez-moi.

Quelle matière choisir ?

Le latex est la matière la plus courante et la moins chère. Mais attention : certaines personnes y sont sensibles ou allergiques. Si c'est votre cas, mieux vaut vous tourner vers des modèles sans latex, par exemple en polyisoprène ou en polyuréthane, qui offrent une protection tout aussi efficace.

Au-delà de la matière de base, il existe plein de variantes : fins, ultra-fins, nervurés, texturés, chauffants, retardants… Le mieux, c'est de choisir selon ce que vous cherchez vraiment. Plus de discrétion ? Un modèle fin ou ultra-fin. Plus de sensations ? Une version texturée. Plus de confort ? Un préservatif plus large ou lubrifié généreusement.

Un conseil important : évitez les corps gras avec les préservatifs en latex. Huile de coco, vaseline, crème, beurre de karité, huile d'amande… tout ça peut fragiliser le latex et le rendre poreux. Avec un préservatif en latex, privilégiez un lubrifiant à base d'eau ou de silicone, c'est vraiment la règle d'or.

Et puis, pensez aussi à l'usage que vous en aurez : rapport vaginal, anal, besoin de plus de lubrification, envie de sensations renforcées, usage fréquent… Le bon choix dépend aussi du contexte et de ce que vous recherchez vraiment.

Comment reconnaître un préservatif de qualité ?

Vérifiez toujours la date de péremption. Oui, un préservatif périme. Non, ce n'est pas un détail. Un produit trop vieux peut être moins fiable car le latex se détériore avec le temps. Un préservatif périmé depuis un an ou deux, c'est vraiment pas le moment de prendre ce risque.

  • Contrôlez l'état de l'emballage : si c'est abîmé, percé ou déjà ouvert, on oublie direct. Même combat s'il a traîné pendant des mois au fond d'un portefeuille sous le soleil ou à côté d'objets pointus. Un emballage compromis = un produit qui n'est plus fiable.

  • Privilégiez des marques fiables et des produits conformes aux normes : mieux vaut choisir un préservatif répondant aux normes en vigueur, vendu dans un circuit sérieux (pharmacie, site reconnu), plutôt qu'un produit douteux acheté à l'arrache dans un distributeur automatique sans contrôle.

Et puis, ne confondez pas marketing et vraie compatibilité. "Ultra-plaisir", "sensation extrême", "effet wahou" : c'est super pour le packaging et faire le buzz, mais ce qui compte vraiment, c'est le confort, la tenue et la matière. Regardez davantage ce que vous cherchez vraiment qu'à ce que le marketing essaie de vous vendre.

Et le préservatif féminin (interne) dans tout ça ?

Depuis peu, on parle plutôt de préservatif interne (préservatif féminin ou préservatif pour la pénétration vaginale/anale). Pourquoi ce changement de vocabulaire ? Parce que ce préservatif peut être utilisé par tous les genres, notamment par les hommes gays dans des rapports anaux.

Le préservatif interne est composé de polyuréthane ou de nitrile, ce qui le rend parfait pour les personnes allergiques au latex. Contrairement au préservatif externe, il vient tapisser entièrement la paroi vaginale (ou anale), ce qui offre une protection très efficace contre les IST.

L'efficacité contraceptive du préservatif interne est d'environ 95 % (Inserm), ce qui n'est pas mal du tout. Cependant, ne les combinez jamais avec un préservatif externe : les frottements entre les deux peuvent augmenter les risques de rupture. Choisissez l'un ou l'autre.

Sur le plan de l'accès, c'est là que les choses se compliquent. Vous pouvez vous les procurer en pharmacie, mais ils sont assez coûteux (entre 2 et 4 euros pièce, quand le préservatif externe coûte quelques centimes). La bonne nouvelle ? Ils sont disponibles gratuitement dans les lieux de prévention : certaines associations, centres de planification familiale, centres de dépistage du VIH. N'hésitez pas à vous renseigner dans votre région.

En réalité, le préservatif interne reste encore très peu utilisé, et ce pour plusieurs raisons : le prix, l'absence de disponibilité partout, et oui, franchement, c'est un peu plus difficile à placer correctement qu'un préservatif externe.

Mais on va vous dire un truc : la charge mentale de la contraception ne devrait absolument pas être seulement sur les femmes. Si le préservatif interne vous intéresse (que vous soyez une femme cherchant à prendre en charge votre propre protection ou un homme gay), informez-vous, testez, et n'hésitez pas à en discuter avec votre partenaire.

Que ce soit avec un préservatif externe ou interne, l'important c'est de vous protéger ET de vous sentir bien. L'histoire nous le montre : le préservatif a évolué pendant des millénaires pour arriver à ce qu'il est aujourd'hui. Il mérite qu'on le chouchoute un peu, qu'on prenne le temps de trouver le bon modèle, et qu'on l'utilise correctement. Parce qu'un rapport sans peur, c'est un rapport où on peut vraiment en profiter. Et ça, c'est un droit, pas un luxe.

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Coline Levin

Bien-être

Coline Levin est rédactrice, diplômée d’Audencia. Après un passage chez McKinsey, elle met aujourd’hui sa plume au service de marques engagées et de récits puissants.

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