Petit histoire de la masturbation féminine

Petit histoire de la masturbation féminine

Chez Puissante, le bien-être sexuel nous passionne et en particulier la masturbation féminine. Nous défendons un onanisme (ou plaisir solitaire) décomplexé, curieux, joyeux et plein de puissance. Pour l’article de la semaine, nous avons décidé de remonter le temps pour mieux comprendre les stigmates encore actuels autour de la masturbation féminine. Qui a confectionné le manteau de honte et de culpabilité qui habille la jouissance en solo ? C’est ce que nous allons tenter de découvrir à travers ce bref tour d’horizon de l’histoire de la masturbation féminine.

 

Dans des temps anciens…

Difficile de trouver des traces écrites décrivant la masturbation féminine avant le Moyen-Âge. Certaines sources parlent d’une pratique tolérée alors que d’autres préfèrent ne pas se prononcer. On remarque cependant une préoccupation toute particulière pour les clitoris « larges ». Ils étaient synonymes de femmes avec un appétit sexuel dévorant et incontrôlable.

Dès le 1er siècle avant notre ère, le médecin méthodiste Soranos d’Éphèse nous offre des conseils pratiques pour réduire la taille de cet organe qui se doit de rester discret. Cette « déformation » pouvait donc se résoudre en saisissant le clitoris avec une pince et en en coupant la pointe avec un scalpel. L’érection du clitoris par afflux sanguin n’était alors pas connue. Lorsqu’elle était jugée trop visible, certains médecins de l’Antiquité la traitaient alors comme une malformation à corriger.

Bien qu’elle soit reléguée au passé de notre Histoire médicale occidentale, l’ablation du clitoris reste une réalité dans d’autres régions du monde. Depuis sa fondation, Puissante est partenaire de l’association Les Orchidées Rouges qui lutte activement contre l’excision. 💮

 

Histoire de la masturbation féminine au Moyen-Âge et à la Renaissance

C’est au Moyen-Âge que la religion s’en mêle davantage, notamment en partageant le récit du crime d’Onan. Personnage biblique secondaire, Onan s’est vu remarié à sa belle-sœur à la mort de son frère ainé. Il s’y refuse et détruit sa semence par la masturbation. Suite à cet acte, YHWH le punit de mort.

Bien que les raisons de l’exécution d’Onan ne soient pas détaillées dans les textes sacrés, les interprétations supposent des pratiques magiques ou bien une sexualité débridée qui ne vise pas à la procréation. Le personnage a d’ailleurs donné son nom à l’onanisme, un terme issu de l’Église Catholique Romaine pour désigner la masturbation.

La sexualité était vue comme un mal nécessaire existant uniquement pour la reproduction. Le désir sexuel était décrit comme ne dépendant pas exclusivement de la bonne volonté humaine. Il était fortement recommandé de ne pas succomber à la tentation et les couples devaient s’adonner à la pratique pour perpétuer la race. Sans surprise, la masturbation était donc une No-Go Zone. 🛑 De nombreux livres listaient alors les codes moraux à adopter et une majorité de chapitres était destinée aux péchés de masturbation et d’homosexualité.

Alors que l’Église recommandait un rapport par an, la masturbation était entièrement proscrite. Elle était décrite comme un acte de péché égoïste.

Bien que l’on relie souvent, inquisition, chasse aux sorcières et image de femmes lubriques prêtent à s’unir sexuellement avec Satan, nous n’avons pas trouvé de sources assez fiables sur le sujet. Le Maleus Maleficarum ou Marteau des Sorcières (Hexehammer) fréquemment cité comme ouvrage de référence dans ce contexte ne bénéficie que de très peu d’études du texte. Ce que l’on sait, c’est que le livre accuse davantage les femmes que les hommes de sorcellerie, y dénonce les sabbats et les pratiques sexuelles avec des incubes.

La masturbation n’est pas la cause précise des persécutions, mais la climat annonce les prémisses d’une forte répression sexuelle.

 

Le péché de l’auto-pollution : Onania

Publié entre 1712 et 1716 d’auteur inconnu, le pamphlet anglais Onania : or, the heinous sin of self-pollution a eu un succès phénoménal au XVIIIe siècle. En jouant sur un sensationnalisme douteux, Onania fait le méga buzz en décrivant les effets dévastateurs de la masturbation sur la santé.

Cécité, épilepsie, troubles psychiques, infertilité et mort prématurée, le document ancre une bonne fois pour toutes les superstitions populaires qui courent depuis des siècles. Pour la première fois, hommes et femmes se retrouvent sur un pied d’égalité. Les affectations illustrées dans le manuel montrent des jeunes hommes et des jeunes filles reduit.e.s à un vieillissement prématuré et à une décrépitude physique pour s'être touché.e.s.


À cette époque, la masturbation était aussi une question de morale. Kant la considérait d’ailleurs comme une violation de la loi morale. Notre Jean-Jacques Rousseau national parle de viol mental pour la décrire et blâme les influences corrompues de la société dans ses Confessions. Pour eux, c’était bien pire que le suicide, car cela souillait l’esprit pur des Lumières. Okaaay... 🙄

 

Les temps obscurs victoriens

Vous pensiez que nous avions atteint le pire en termes de répression du plaisir solo  ? Que nenni  !

L’époque victorienne, bien connue pour son conservatisme extrême nous a offert un florilège de restrictions. Le « vice solitaire » est la cause de tous les maux moraux et physiques. Les hommes sont les principaux visés par les médecins. On leur propose de nombreuses cures comme des onguents, des anneaux à pointes, des pantalons sans braguettes ou encore ce curieux objet électrique.

Pour une poignée de femmes, l’onanisme était puni de clitoridectomies. Les prescriptions d’une douche vaginale glacée ou d’un bain d’eau tout aussi froid étaient plus courantes. D’autres « remèdes » comprenaient un régime alimentaire spécial, de l’exercice et de l’air frais. D’ailleurs saviez-vous que la tradition de la toilette quotidienne est en réalité héritée de cette époque  ?

Cette vision de la masturbation féminine comme pratique malsaine pour le corps et l’esprit a infiltré la psychiatrie. On remercie en particulier Freud pour ses ingénieux parallèles entre immaturité psychologique et orgasme clitoridien.

En parallèle, le vibromasseur a été inventé comme antidote contre l’hystérie. Aucune recherche de jouissance, mais une fois encore de traiter les femmes. En gros, les ancêtres de Coco étaient bien moins fun. 👎

 

La révolution sexuelle

La révolution sexuelle a remis le plaisir au centre de la vie et les attitudes envers la masturbation ont commencé à muter. 👏

En 1992, le tristement célèbre épisode « maître de mon domaine » de la série Seinfeld a brisé le tabou interdisant de parler de masturbation à la télévision. Mais deux ans plus tard, la Chirurgien Générale des États-Unis Jocelyn Elders a été licenciée pour avoir déclaré que les jeunes devraient être informés de la masturbation en tant que pratique sexuelle sans risque.

Des études démontrent que les femmes associent encore la masturbation avec la culpabilité et la honte. Aujourd’hui, les consciences évoluent et les pratiques continuent de se libérer, mais le chemin reste long pour nous débarrasser de cette stigmatisation autour du plaisir féminin.

 

L’histoire de la masturbation féminine suit de près celui des moeurs et de la sexualité. Morale et santé s’entremêlent au fil des siècles pour approcher un sujet qui relève de l’intimité, mais également de la société. Pratique saine pour le corps et pour l’esprit, la jouissance solo est une manière de se faire plaisir, d’explorer ses limites et d’apprendre à vraiment se connaître. ❤️

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